De la Visitation à l’Assomption

Marie est enceinte. Elle devrait se reposer et préparer sereinement la naissance de son Fils. Mais Marie dans sa joie de future mère et dans la charité qui l’anime, va aider sa cousine Élisabeth qui attend Jean-Baptiste et qui en est à son sixième mois. La démarche de Marie se fait aussi sous l’impulsion de l’Esprit Saint parce que Jésus voulait rencontrer son précurseur qui a tressailli dans le sein de sa mère quand Marie salua Élisabeth. Comme les deux femmes se saluaient, Jésus et Jean-Baptiste en firent autant dans la finalité de leur mission : l’un vient sauver le monde et l’autre vient préparer la venue du Sauveur dans le cœur des Juifs.

La joie de Marie avant l’enfantement
A Nazareth, la joie est toujours présente au rendez-vous à cause du libre choix et d’un acquiescement libre. La joie était présente parce qu’il y avait un but unique : sauver le monde avec Jésus et une sérénité totale dans son accomplissement.
Marie est heureuse de revoir sa cousine Élisabeth qui la reconnaît comme la Mère de son Seigneur : le Messie et le Sauveur. Alors Marie, refusant cette gloire, chante le Magnificat pour célébrer dans la joie la grandeur et la merveille de l’Incarnation.
Dans sa vie retirée à Nazareth, elle se prépare à la naissance de Jésus et partage avec Joseph les préparatifs pour que son Enfant soit bien accueilli dans l’humble demeure de Nazareth.
Dieu vient changer toutes leurs prévisions. Il faut aller se faire recenser à Bethléem, la ville de David car Joseph est de la maison et de la lignée de David. Marie et Joseph se préparent à partir avec le stricte nécessaire, gardant confiance en Dieu puisque la naissance de l’Enfant approche. Malgré cet imprévu, Marie et Joseph ne perdent pas courage et gardent la joie au fond de leur cœur.

La joie de Marie à la naissance de Jésus
Après le refus de les accueillir à l’auberge, Marie et Joseph se retrouvent dans l’étable de Bethléem avec le froid, la nuit et deux compagnons : un âne et un bœuf pour réchauffer de leur souffle l’Enfant-Dieu qui vient de naître. Néanmoins, la Sainte Famille garde la joie et la paix dans son cœur et cette joie va se multiplier dans l’accueil des bergers, qui avertis par les anges viennent adorer l’Enfant-Jésus. Ils seront les premiers apôtres criant leur joie d’avoir rencontré le Messie à tous les humbles qui viendront les rejoindre dans leur joie et leur foi envers le Sauveur.
Après la joie des bergers, l’étoile des Mages va conduire à Bethléem les trois Mages venus d’Orient pour adorer l’Enfant-Dieu, le Sauveur du monde, et quelle ne fut pas leur joie quand ils rencontrèrent l’Enfant et sa Mère. Ils l’adorèrent en lui offrant des présents dus à son rang : l’or parce qu’il est le Roi du monde, l’encens parce qu’Il est le Dieu de l’univers, et la myrrhe parce qu’il est le Rédempteur de l’humanité.
Ainsi Marie et Joseph découvraient peu à peu dans la joie la puissance de l’Enfant-Dieu qui déjà tout petit se faisait connaître à tous les hommes par trois Mages venus d’Orient.

La joie de Pâques
Cette joie est aussi dans le cœur de Marie après l’immense souffrance de son cœur transpercé par l’Agonie et la Passion de son divin Fils. Mais elle sait qu’il a triomphé de la mort et délivré l’homme de son péché et de la mort éternelle. En Marie résident la joie et la paix parce qu’elle est sans division, sans trouble, ni discorde et son cœur vit en harmonie profonde avec Dieu.
Sa joie sera celle d’être la Mère de Dieu et la Mère des hommes. Et si Jésus nous a donné sa mère, c’est pour nous assurer qu’avec elle, nous avons une mère qui veille sur nous, qui nous aime inlassablement et nous protège à tout instant. Elle possède en elle toute la Sainte Trinité parce qu’elle est la Fille du Père, la Mère du Fils et l’Épouse de l’Esprit Saint. Alors Dieu ne peut rien lui refuser parce qu’elle connaît en Lui tous nos besoins et qu’elle sait intercéder pour nous pour que par sa grâce, nous demeurions dans la paix et la joie de la vraie foi.

La joie de Marie : Reine du ciel et de la terre
Regarder Marie, la prier, c’est comprendre qu’en elle, tout est prière, amour, joie et paix. Mais nous nous révoltons si facilement que notre prière, notre joie et notre paix s’en trouvent altérer. Notre prière s’enfonce dans les demandes terrestres, incapable de comprendre l’invisible.
Notre prière s’englue dans notre orgueil qui revendique toujours notre personne, le bien-être et le confort de notre être, oubliant la gloire de Dieu, notre salut, celui des autres et le bonheur des hommes.
La vraie joie que nous révèle Marie par sa vie est donc de s’oublier en Dieu et de penser que le Seigneur veut s’oublier en nous pour nous aider à mieux l’aimer, à ne pas l’offenser et à pardonner comme Il nous pardonne sans cesse.
La joie et la paix émanent aussi de l’amour vrai. Et Marie nous révèle que toute sa vie comme celle de Jésus, son Fils, fut un perpétuel acte d’amour. Plus on aime et plus on est joyeux et en paix parce que la joie et la paix sont les fruits de l’amour authentique.
La joie et la paix de Marie sont décuplées en raison de la possession de Dieu en son cœur ; ce qui lui donne cette assurance et ce réconfort permanents. Marie a dit OUI et jamais elle n’a repris son OUI, et dans sa fidélité à l’amour de Dieu, elle a reçu en récompense la joie, la paix, la sagesse et toutes les vertus de l’Amour. Alors si Dieu m’a donné sa vie, c’est pour m’aider à lui donner la mienne sans réserve.
Son don ne suffit pas, il y faut le mien sans restriction et offrandes contradictoires ou routes diverses à suivre. Ma joie et ma paix rejoindront celles de Marie si j’ai, un jour, comme elle, la volonté de m’unir à Jésus et de rester fidèle à cette union.
Dans le « je vous salue Marie » nous disons « Le Seigneur est avec vous ». En possédant son Fils, Marie possède tout. Elle possède en Jésus, la source de la vraie joie et de l’unique paix. Elle nous invite à la même possession et au même bonheur qui nous donne la même paix. Avec elle, faisons ce choix de Dieu, sachons humblement y être, avec sa grâce, le plus fidèle possible.

La richesse de la joie et de la paix dans ma vie physique et émotionnelle
Dans notre être tout est lié et la vie spirituelle joue un grand rôle dans l’équilibre de mon corps et la paix de mon cœur. C’est pourquoi Marie nous révèle que vivre dans la joie et la paix signifie s’abandonner dans la confiance en Dieu.
Ainsi nos organes fonctionnent mieux et la paix de l’esprit donne au corps la force de mieux résister aux angoisses de la vie et à son stress quasi permanent. Ainsi de vivre dans la joie et la paix de Marie accorde à notre organisme une meilleure résistance aux maladies virales ou microbiennes et une maîtrise de soi qui évite la peur chronique et le découragement permanent.
Vivre dans cette joie et cette paix que Marie veut nous transmettre, c’est connaître une meilleure santé physique et une plus grande force morale pour maîtriser nos émotions, porte ouverte à des maladies nerveuses et organiques qui se soignent souvent dans l’abandon au miracle de la grâce.

Prions Marie qui défait les nœuds de nous aider à aimer son Fils dans le silence, la prière et le pardon sans cesse renouvelé, ainsi nous recevrons du Père par le Fils dans l’Esprit, la joie du véritable amour et la paix de la miséricorde. Amen

Père François ZANNINI

Source iconographique: https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Vittore_Carpaccio_-_The_Visitation_-_WGA04330.jpg

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Les Vertus de la Vierge Marie (suite):l’amour, du ‘Fiat’ au Golgotha


Les Vertus de Marie: la pauvreté
Les Vertus de Marie: l’obéissance
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