La fête de Notre-Dame du Mont Carmel, nous donne l’occasion de mieux entrer dans la vertu du silence. La vie de Marie a été une contemplation parfaite de Dieu en son Fils, et elle nous apprend la nécessité de faire silence en notre cœur, pour mieux contempler Dieu et l’écouter dans son message d’amour et de vérité pour chacun de nous.
En regardant quelques événements de sa vie, et en les méditant dans notre cœur, nous apprendrons par elle, à bien cheminer dans la vie de la contemplation de Dieu, et dans une perception plus humble de son mystère.

Marie à l’écoute de Dieu dans les hommes
Marie, chez Élisabeth, écoute sa cousine parler et lui révéler son émerveillement devant la Mère de son Sauveur qui vient jusqu’à elle.
Marie contemple silencieuse l’œuvre divine en elle et se réalisant par elle. Il y a le mystère d’une présence divine et la connaissance réelle de celle qui se tait.
A la visite des bergers, Marie écoute les bergers clamant leur admiration devant l’Enfant-Dieu. Marie ne montre pas sa joie, mais elle en garde la lumière intérieure et le silencieux souvenir.
A la Purification au Temple, en face de Siméon et de la prophétesse Anne, Marie se tait et ne s’enfle pas d’avoir un tel Fils. L’hymne liturgique de la Purification chante le silence de Marie : « Parmi de tels témoins, Ô Dieu, la Mère muette du Verbe silencieux vous offrait le ferme sacrifice d’un magnanime silence. Elle contenait entièrement toutes ces choses en son cœur. »

Quand Jésus à Jérusalem resta avec les Docteurs de la loi, L’Enfant-Dieu converse avec eux dans le Temple.
Marie et Joseph vivaient dans l’angoisse de l’avoir perdu. En perdant Jésus, ils avaient tout perdu. Puis l’ayant retrouvé, Marie ne peut s’empêcher de manifester son inquiétude et son angoisse extrême envers Jésus : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois ! Ton père et moi, nous te cherchions angoissés. »
Et il leur dit : « Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père ! » (Lc 2, 48)
Et « sa Mère gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur. » (Lc 2, 51)

Marie n’a pas compris la réponse de son Fils, et Joseph non plus. Mais dans le silence, ils acceptent cette réponse et la méditent dans leur cœur confiant en l’action du Saint Esprit qui guide leur pas sur le Mystère de l’Incarnation qu’ils vivent au jour le jour.
Au Calvaire, elle contemple son Fils et dans le silence, elle s’immole avec lui, lui physiquement et elle mystiquement, pour sauver ensemble le genre humain, dans une soumission parfaite à la volonté du Père.

Le regard des hommes sur le silence de Marie
Péguy dira à propos du silence de Marie : « A nous tous qui sommes si violents par impuissance et si raides par désespoir, elle enseigne, elle qui est « un Havre de silence et de désistement » où nos vies d’hommes, de pensée et d’action, privées et publiques, doivent trouver en silence la juste déclinaison. »
Le Père Faber répond : « Une créature qui avait vécu si longtemps avec le Créateur, ne pouvait parler beaucoup ; son cœur était plein, son âme était réduite au silence. Elle était avec Jésus depuis 12 longues années, de longues années relativement à la formulation des habitudes, quoiqu’elles eussent passé par Marie comme une extase sainte, pleine d’un douloureux amour… Entre le Créateur et la Créature, des relations telles que celles qui existaient entre Jésus et Marie, le silence mieux que les paroles, était leur langage. Qu’auraient pu faire les paroles ? Qu’auraient-elles pu dire ? Elles n’auraient pu porter le poids des pensées de la Mère, encore moins celui des pensées du Fils… »

Les bienfaits du silence dans la vie de l’homme
En effet, le silence ne nuit jamais à l’homme. Bien au contraire, il le protège contre lui-même, lui évite l’excès de langage, souvent mortifère, dans les relations humaines et créant plus de divisions que d’union et d’unité.
Le silence permet la fusion des cœurs dans une contemplation réciproque ; il évite les heurts et les tensions par un mot superflu et souvent si blessant ; il apaise les esprits toujours prêts à se confronter sur des idées multiples, fruit d’un ego exacerbé et d’une humilité annihilée.
Le silence protège aussi le corps qui s’épuise dans des verbiages inutiles, en un mot, le silence nourrit l’esprit, apaise le cœur et fortifie le corps.
Bienheureux ceux qui savent contempler, admirer et se nourrir du silence, parce qu’ils puisent dans l’absence du bruit et de l’agitation, toute la richesse du cœur à cœur avec ce Dieu qui vient se révéler à l’homme qui sait le contempler dans son mystère et l’intensité de son amour.

Prions Marie qui défait les nœuds de nous aider à la rejoindre dans le silence de son amour contemplatif et de nous accorder la grâce de savoir toujours mieux prier son Fils, en l’adorant, en l’aimant et en le servant dans le silence des mots, mais avec l’humilité du cœur toujours disponible à faire sa volonté sainte. Amen

Père François ZANNINI

pour en savoir plus:
sur le silence:

La Beauté du silence

St Joseph – Un saint du silence

Le Pape François et la dévotion à la Vierge du Silence

voir aussi, sur notre blog, les autres articles sur les Vertus de Marie:

Les Vertus de Marie (suite): Marie nous apprend à adorer Jésus

Les Vertus de la Vierge Marie (suite):l’amour, du ‘Fiat’ au Golgotha


Les Vertus de Marie: la pauvreté
Les Vertus de Marie: l’obéissance
Les Vertus de Marie: l’humilité

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