Immaculée Conception, 1661. Francisco Zurbaran (1598-1664, Espagne)

Beaucoup de chrétiens ont du mal à concevoir que Marie soit notre Mère sans tâche, l’Immaculée Conception parce que, pour eux, elle serait trop grande, trop parfaite, pour être une femme à notre mesure, proche de notre humanité et en un mot, une créature humaine comme nous.
Certes, Marie est une femme avec un corps, un cœur et un esprit, et en ce sens, nous lui ressemblons, mais ce fut depuis toujours l’Élue du Père pour être sa fille, la Mère de son divin Fils et l’Épouse de l’Esprit Saint. En ce sens, Marie est une femme hors du commun, la nouvelle Ève qui ne sait pas dire non à Dieu, parce qu’elle est humble, pure et sage, aimant Dieu de tout son cœur et n’ayant qu’un désir : faire sa volonté sainte à chaque instant.

Marie l’Immaculée Conception dans le plan divin
Marie est l’anticipation de ces cieux nouveaux et de cette terre nouvelle dont parle Saint Pierre, parce qu’elle représente la nouvelle Ève qui ouvre à l’humanité les portes du salut par le don de son corps et de sa vie au Rédempteur.
Marie est la fille première née de Dieu le Père, parce que dans les décrets divins, elle fut prédestinée, conjointement avec son Fils, avant toutes les créatures, à l’œuvre du Salut, et elle fut la première née de la grâce, prédestinée à devenir la Mère du Sauveur, après la prévision du péché.
Marie ne pouvait pas tomber sous l’esclavage du démon. Il convenait que Dieu le Père la possédât lui seul et toujours. La tradition biblique l’affirme dans le livre des Proverbes : « Le Seigneur m’a possédée au commencement de ses voies. » (Pr 8, 22). Marie est la seule et l’unique Fille de la vie, à la différence des autres créatures humaines qui, naissant dans le péché, sont filles de la mort.
Marie devait être créée dans l’état de grâce, parce que le Père éternel la destinait à devenir la réparatrice du monde perdu et la médiatrice de la paix entre Dieu et les hommes.
La Genèse nous relate l’hostilité entre Marie et Satan, préfigurant ainsi chez la Sainte Vierge, aucune intimité avec le mal et son auteur, mettant déjà en évidence son Immaculée Conception. Dieu se devait de préserver Marie de la faute originelle, parce qu’il la destinait à écraser la tête du serpent infernal.

Les raisons théologiques de l’Immaculée Conception
Marie ne pouvait qu’être que l’Immaculée Conception, parce qu’elle est le chef d’œuvre de la Sainte Trinité.
En effet, le Père la préserve du péché originel, parce qu’elle est sa Fille ; le Fils la préservera du péché, parce qu’elle est sa Mère ; et le Saint Esprit la préservera du péché parce qu’elle est son Épouse.
Dans l’Épitre aux Éphésiens, Saint Paul nous dit : « Dieu nous a choisis avant la création du monde, pour que nous soyons dans l’amour, saints et irréprochables sous son regard. » (Ep 1, 4)
Marie fut choisie de toute éternité pour être la Mère de Jésus, et depuis toujours, la sagesse de Dieu avait prévu de lui accorder cette grâce d’être conçue sans péché, en prévision de sa mission de Mère de Dieu et de coopératrice à l’œuvre du Salut.
Le Fils préservera Marie du péché, parce que c’est sa Mère, et comme dira Saint Bernard : « Le créateur des hommes ayant voulu naître d’une femme, il dut se choisir la Mère qu’il savait convenir à sa dignité. »
Si Dieu le Fils était impeccable, il se devait d’avoir une Mère comme lui, sans péché, pour l’accueillir en son sein.
Dans l’évangile de Luc qui nous relate la salutation angélique, Marie découvre le projet de Dieu sur elle et elle apprend dès les premiers mots, que son Immaculée Conception n’est pas seulement la préservation du mal, mais encore une plénitude de grâce, pour demeurer sa vie durant dans un état de perfection, afin d’accomplir sa mission de Mère de Dieu, des Apôtres et de l’Église.
Le Père éternel dira à Sainte Brigitte de Suède : « Marie est un vase d’une pureté à la fois parfaite et imparfaite : parfaite parce que sa beauté est sans ombre, imparfaite, parce qu’elle sort d’une race pécheresse, conçue sans péché cependant, afin que son Fils naquît sans péché. »

L’Écriture justifie l’Immaculée Conception
Plusieurs textes scripturaires confirment que Jésus et Marie sont impeccables. Isaïe parle « d’une Vierge très pure qui enfantera un Fils recevant le nom d’Emmanuel » (Is 7, 14).
Le Cantique des Cantiques parle de Marie en ces termes : « Tu es belle, ma bien-aimée, il n’y a pas de tâche en toi. » (Cant 4, 7). Et ceci préfigure la salutation de l’ange Gabriel disant : « Je vous salue Marie, comblée de grâce. » (Lc 1, 28)
L’Ancien Testament nous révèle combien Dieu a préparé sa Mère pour accueillir la divinité dans l’humanité de son Fils : « La sagesse s’est bâtie une maison. » (Ps 9, 1). Et le Christ a préparé sa demeure digne de lui, avant de l’habiter : « Le Très Haut a sanctifié son tabernacle et Dieu le protègera dès le matin au lever de l’aurore. » (Ps 45, 5-6) C’est donc de grand matin, c’est-à-dire dès le premier instant de sa vie, que Marie fut sanctifiée.
L’Esprit Saint va préparer son Épouse pour être « un jardin fermé, une fontaine scellée. » (Cant. 4, 18)
Et Saint Jérôme de nous dire : « Marie fut ce jardin fermé et cette fontaine scellée que le démon n’a jamais pu envahir et qui, malgré ses ruses, demeura toujours sainte de corps et d’esprit. »

Le dogme de l’Immaculée Conception
L’Église confirmera le 8 décembre 1854 par le Pape Pie IX que Marie est bien l’Immaculée Conception et que ce dogme devient une vérité de foi à laquelle il faut croire. Quatre ans plus tard, Marie, le 11 février 1858, le confirmera à Bernadette en ces termes : « Je suis l’Immaculée Conception. »
Cependant Marie reste une femme avec notre nature humaine, mais qui a reçu une grâce spécifique, un don gratuit du Père en prévision de l’Incarnation de son Fils. Avant que Jésus s’incarne en elle, Marie est rachetée par préservation, en prévision des mérites du Christ. Marie est donc rachetée d’une manière plus sublime ou encore plus parfaitement que chacun de nous, parce que sa vocation et sa mission sont plus étroitement associées aux mystères de l’Incarnation et de la Rédemption. Ce que confirme Saint Augustin : « Il y a deux manières de racheter quelqu’un : l’une en le relevant de sa chute et l’autre en l’empêchant de tomber. »
Le Christ a purifié sa Mère dès la conception en l’empêchant de tomber dans le mal, en étant parfaitement sainte afin d’accueillir en elle le Saint des Saints.

Marie : un modèle de perfection d’amour
Parce que Marie Immaculée n’a jamais cessé d’aimer la Sainte Trinité en obéissant au Père, en donnant à son Fils une chair humaine et en épousant le Saint Esprit avec la grâce de vivre à jamais fidèle à sa vérité et à son amour, elle peut être pour tout chrétien un modèle de pureté, de droiture et de fidélité à la grâce baptismale.
Dans notre monde qui a tant renoncé aux valeurs de la vie, qui renonce à la pureté pour vivre dans tous les plaisirs mondains et la concupiscence de la chair, il nous faut regarder Marie et la supplier de nous guider vers son Fils, pour avoir la joie d’entendre au soir de notre vie : « Bienheureux les cœurs purs, ils verront Dieu. » (Mt 5, 8)

Prions Marie qui défait les nœuds de nous garder dans la pureté de l’âme et du corps, afin d’être comme saint Jean et tous les Saints, des êtres chastes qui, par leur pureté physique et morale, seront des rayons de lumière et d’espérance pour leurs frères, les invitant à maîtriser la chair, pour devenir avec Marie, des icônes de la pureté divine au cœur du monde.

Père François Zannini

Voir aussi, sur notre blog, les vertus de Marie:

Les vertus de Marie (suite) : l’abandon à Dieu dans la confiance

Les Vertus de Marie (suite): Marie nous apprend à prier

Les Vertus de Marie (suite). Marie : un Modèle de discrétion

Les Vertus de Marie (suite) : l’espérance

Les Vertus de Marie (suite): Marie m’appelle au silence

Les Vertus de Marie (suite): Marie nous apprend à adorer Jésus

Les Vertus de la Vierge Marie (suite):l’amour, du ‘Fiat’ au Golgotha


Les Vertus de Marie: la pauvreté
Les Vertus de Marie: l’obéissance
Les Vertus de Marie: l’humilité

sur la pureté:

https://www.parvis.ch/fr/livres-et-brochures/la-purete
autres livres du père Zannini:

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