Dans le jardin de Dieu chaque saint possède une beauté unique. St. Thérèse de Lisieux se comparait à une pâquerette ; en vérité, sa foi allait grandir d’une petite graine de moutarde à un arbre dans les branches duquel les oiseaux du ciel feraient leur nid. Certains saints ont une originalité marquée ; comme des orchidées exquises, ils se font remarquer en dépit d’eux-mêmes. Ils sont originaux et radicaux d’une manière souvent troublante, mais en même temps transformante. Je pense ici à St. François d’Assise, St. Philippe Néri et St Grignion qui étaient des fous de Dieu, tout en étant des chevaliers dédiés à la St. Vierge.

Par définition, les saints vont contre le courant dominant, même quand ils vivent dans une société chrétienne ; ils se démarquent et peuvent contrarier. St Louis-Marie était peut-être le prêcheur le plus efficace le plus persécuté au sein de l’Eglise. Sa vie semble être une série de succès missionnaires et de désastres cléricaux qu’il a su accepter avec humilité.

Ses débuts
St. Louis est né en Bretagne à Montfort-sur-Meu le 31 Janvier 1673, l’aîné survivant de 18 enfants, issu d’un père colérique et d’une mère très pieuse et douce. On l’envoya au Collège jésuite à Rennes à l’âge de 11 ans où il enchaîna avec des études en théologie et philosophie. Comme il était très doué et voulait devenir prêtre, une dame aisée voulut lui payer les frais de ses études au séminaire de St. Sulpice à Paris en 1693. En route à pied vers la capitale, il donna tout son linge au premier clochard ; en conséquence il ressemblait lui-même à un clochard quand il y arriva et il ne fut pas reçu au séminaire. Sa bienfaitrice ne pouvait pas lui payer du nouveau linge et n’avait pas, après tout, les moyens pour payer en entier les frais du séminaire. Il vécut dans une grande pauvreté, assista aux conférences (qui étaient gratuites) de théologie à la Sorbonne et tomba grièvement malade. Providentiellement, il ne mourut pas pendant son séjour à l’Hôpital-Dieu et fut finalement reçu à St. Sulpice où il devint bibliothécaire. Il acquit ainsi un savoir énorme en matière de spiritualité et de théologie, ce qui l’aida dans ses écrits plus tard. Tout au long, son amour fervent pour la Sainte Vierge le porta à travers les tempêtes de la vie.

Son zèle missionnaire
Une fois ordonné prêtre, son plus grand désir était de devenir missionnaire au Canada, mais son directeur spirituel le lui déconseilla. Au lieu de cela, il allait devenir missionnaire en Bretagne et en Vendée, mais il dut continuellement surmonter des obstacles énormes. Bien qu’il émeuve son audience à travers ses sermons passionnés, les évêques des diocèses où il évangélisa le firent partir après un certain temps. Même quand le Pape Clément XI le déclara “missionnaire apostolique » en France en 1706, il ne fut pas reçu à bras ouverts. Ainsi il écrit à sa sœur en 1713 : « Toujours sur le qui-vive, toujours sur les épines, sur les cailloux piquants, je suis comme une balle dans un jeu de paume: on ne l’a pas sitôt poussée d’un côté qu’on la pousse de l’autre, en la frappant rudement. C’est la destinée d’un pauvre pécheur. C’est ainsi que je suis sans relâche et sans repos… »

Au début, l’évêque de Poitiers lui permit de s’occuper des pauvres malades à l’Hôpital Général. St. Louis fit providentiellement la connaissance de la bienheureuse Marie-Louise Trichet, qui accepta alors de travailler à l’hôpital avec l’aide d’une seule autre femme. Il finira par fonder les filles de la sagesse avec elle qui commença avec un petit groupe des plus pauvres. Plus tard, cela deviendra une grande congrégation. Quand il fut obligé de partir la deuxième fois en 1705, Marie Louise continua son apostolat à l’hôpital 10 années supplémentaires avant d’ouvrir une école avec lui à La Rochelle.

Ses missions en paroisse
Durant sa vie, St. Montfort vécu ses plus grands succès pendant ses missions en paroisse. Il prêcha avec grande ferveur, offrit les sacrements, enseigna à l’aide de rimes et d’hymnes qu’il composa lui-même (environ 22,000). Ses écrits comprennent son fameux « Traité de la vraie dévotion à la Vierge Marie » ainsi que « Le secret de Marie », « Le secret admirable du très Saint Rosaire pour se convertir et se sauver », « L’Amour de la sagesse éternelle » entre autres.

Dieu demande beaucoup à ceux qui l’aiment au point que St. Thérèse d’Avila riposta qu’il n’était pas surprenant qu’Il eût si peu d’amis. St. Louis fut envoyé de Caïphe à Pilate. Après avoir fait construire un très beau et grand calvaire à Pontchâteau qui allait être béni par l’évêque, il fut détruit sur l’ordre du roi qui avait été mal informé.

Sa mort et son apostolat posthume
St. Montfort mourut le 28 avril 1716 à Saint Laurent sur Sèvre à l’âge de 43 ans après avoir été prêtre pendant seulement 16 ans. Une tentative d’empoisonnement quelques années auparavant l’avait laissé affaibli et son travail acharné avait miné sa constitution. Néanmoins son apostolat ne se termina pas là.

Après 130 ans sa « Vrai Dévotion à Marie » (1712) fut redécouverte et publiée. Le fait que de St Jean Paul II apprécie cette dévotion et la devise Totus Tuus que ce dernier avait repris de saint Louis lui conférèrent une nouvelle importance. Son calvaire à Pontchâteau fut reconstruit au 19ème siècle et on y fit des ajouts, encore récemment.

Son amour brulant pour la Sainte Vierge fut nourri par son amour pour le Christ. Elle qui se conforma parfaitement à la volonté divine est le modèle parfait pour nous.

Marie qui défaites les nœuds , démêlez s’il vous plait les nœuds de notre orgueil qui empêchent Dieu de guider notre vie et aidez-nous à voir toutes les difficultés de notre vie comme un chemin vers Dieu.

Marie Meaney, Avril 2020
Pour en savoir plus
sur le Traité de la vraie dévotion à la Vierge Marie

Sources : https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Saint_Louis_de_Montfort
https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Pontchateau_calvaire_2016-05-05_11.jpg

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