Dans l’histoire de l’Église, on a commencé par les litanies des Saints et cette forme de prière serait née en Irlande et se serait diffusée sur le continent aux VIIème et VIIIème siècle par les moines missionnaires irlandais, qui appréciaient ces invocations dites jaculatoires. Cette dévotion nouvelle connut un vif succès attesté par les innombrables litanies que nous ont conservé les livres liturgiques du Moyen Age. Pour résumer ces listes de saints, la liturgie romaine s’est contentée d’une liste de saints fort brève, qui s’est imposée peu à peu dans les livres officiels, aussi bien pour les litanies majeures et mineures que pour la nuit pascale, la dédicace des églises, les ordinations, etc… A côté de ces litanies des saints, il faut mentionner les séries d’invocations sous forme de litanies adressées à Notre Seigneur, à la Vierge Marie ou à tel saint en particulier.

Description

Les litanies de la Sainte Vierge ou litanies de Lorette, d’inspiration orientale -dont il existe un grand nombre de versions- apparurent en Occident au XIIème siècle. Elles furent spécialement à l’honneur dans le sanctuaire italien de Lorette, d’où les litanies de Lorette ou les litanies de la Sainte Vierge, où elles sont attestées à partir de 1531, et le pape Sixte Quint les approuva en 1587. Dans la liturgie actuelle, la prière sous forme de litanie a retrouvé une place importante, qu’il s’agisse de la messe, de l’office ou même des sacrements. Dans les pèlerinages marials : à Lourdes, Pontmain, la Salette en France, à Banneux en Belgique, à Notre Dame del Pilar à Saragosse en Espagne, les litanies sont souvent chantées dans les processions.
Dans les litanies de Lorette ou de la Sainte Vierge, cette prière vocale est caractérisée par la répétition psalmodiée de demandes d’intercession « Priez pour nous » adressées à la Vierge Marie, Mère de Dieu, sous différents vocables qui lui furent donnés, par la dévotion mariale au cours de l’histoire de l’Église. Cette dévotion est partie autour de la Maison de Lorette sur les bords de la Mer Adriatique.
Ces litanies énumèrent toutes les qualités religieuses de la Vierge Marie. Elles glorifient la Mère de Dieu qui prophétisa dans le Magnificat la gloire que Dieu voulait lui attribuer pour avoir humblement accepté de répondre à sa volonté, en permettant à son divin Fils de s’incarner en elle pour le salut du monde : « Oui, désormais toutes les générations me diront bienheureuse, car le Tout Puissant a fait pour moi de grandes choses. » (Lc 1, 48-49)
Après les formules adressées à son Fils, au Père Céleste, au Fils Rédempteur, à l’Esprit Saint et à la Sainte Trinité, Marie est célébrée sous les vocables de Mère, de Vierge, de Vase, et de Reine principalement. Ce sont tous des titres honorifiques soulignés par ceux ou celles qui prient. Les litanies se terminent par l’Agneau de Dieu et une prière au Seigneur.
L’Église catholique recommande de réciter ces litanies après le Rosaire pendant le mois de Marie, en octobre, en mai et lors des grandes fêtes mariales. C’est Léon XIII qui les recommanda spécialement pour le mois d’octobre. Les gens qui sont en situations difficiles, les persécutés, les opprimés, les prisonniers, les malades, les gens stressés par la vie, peuvent très bien invoquer Notre Dame ainsi. Pour chanter ou réciter les litanies en public, il y a toujours quelqu’un qui est à la tête des chanteurs, des prières des moines et qui dit le verset et les autres entonnent le répons.

L’origine des litanies de la Sainte Vierge

Leur origine exacte est mystérieuse. Beaucoup de panégyriques et d’écritures ascétiques ont été composées pour élucider ce mystère. Certains émettent l’hypothèse que ces longues invocations n’ont pas d’origine biblique, mais viennent plutôt de la poésie latine médiévale ou de l’hymne acathiste byzantine à la Mère de Dieu.
La seule certitude est que leur histoire est liée à celle de la Sainte Maison de Lorette, maison de la Vierge Marie et lieu de l’Annonciation, conservée en la Basilique de Lorette et qui fut rapportée de Terre Sainte en 1291 depuis Nazareth jusqu’à Lorette sur les bords de l’Adriatique. Lorette devient alors la ville du sanctuaire marial et lieu de pèlerinage le plus important d’Occident pendant près de trois siècles. Une explication de l’existence des litanies les associe au Cardinal Savelli qui fut légat apostolique de la Marche d’Ancône (ancienne province des états pontificaux située le long de l’Adriatique). Reste que le Pape Sixte V, originaire de Grottamare, non loin de Lorette, les approuva par une bulle pontificale dite « Redditure ».Les deux Papes Benoît XIII en 1728 et Pie VII en 1817 leur attribuèrent des indulgences.
Les litanies à la Sainte Vierge sont l’une des cinq litanies autorisées dans la liturgie avec les litanies des Saints, les litanies du Saint Nom de Jésus, les litanies à Saint Joseph, et les litanies du Sacré Cœur.

Pour mieux comprendre chacun des vocables de Marie dans ses litanies, nous allons méditer chacun d’eux à raison d’un par mois, en essayant de mieux comprendre dans chaque vocable de Marie, ce qui fait la grandeur, la sainteté et l’immense amour et miséricorde du cœur de notre Mère du Ciel qui veut ramener tous ses enfants sous son manteau, pour les offrir à son Divin Fils qui les a sauvés au prix de son précieux sang.

Prions Marie qui défait les nœuds de nous aider à mieux l’aimer dans la grandeur de sa sainteté et dans l’humilité de son amour afin que comme elle, nous soyons toujours les humbles serviteurs de son divin Fils en témoignant de sa vérité évangélique et en la vivant dans son amour.
Amen

Père François ZANNINI

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