Nous fêtons aujourd’hui Lundi de Pentecôte 2018 la première fête de Marie Mère de l’Église, « Mater ecclesiae ». Si cette fête existait déjà dans certains pays, elle sera maintenant fêtée de façon universelle.

Le Pape François a voulu qu’à partir de cette année, le lundi de Pentecôte, on fasse mémoire, de manière obligatoire, de la Vierge Marie comme Mère de l’Église, le lundi de la Pentecôte. Le lundi de Pentecôte, qui est férié en France, est ce qui reste, dans la liturgie rénovée, de cette « octave de la Pentecôte » qui permettait, dans l’année liturgique, de déployer la grâce de la Pentecôte pendant 8 jours, comme s’ils ne constituaient qu’un seul jour. L’Église a la claire conscience qu’elle est née véritablement le jour de la Pentecôte, ce jour où les Apôtres, avec les disciples, au nombre d’environ 120, et avec quelques femmes, dont Marie Mère de Jésus, ont été remplis de l’Esprit Saint. Ils ont ainsi été transformés en témoins crédibles, infatigables et ardents de Jésus et de son Évangile. Dans les Actes des Apôtres, St Luc décrit l’événement en disant ‘toute la maison où ils se trouvaient en fut remplie’. Cette maison, ce n’est pas seulement le Cénacle, c’est toute l’Église. Le Pape Léon XIII ira jusqu’à dire que l’Esprit Saint est l’âme de l’Église.

L’origine de cette fête

Lors du Concile Vatican II, l’Église a réfléchi sur son propre mystère et sa mission, et les pères du Concile ont élaboré une constitution sur l’Église (Lumen Gentium)  promulguée par le Bienheureux Pape Paul VI le 21 novembre 1964. Dans l’allocution qu’il a prononcée à cette occasion, ce même Pape déclarait solennellement la Très Sainte Vierge Marie ‘Mère de l’Église, c’est-à-dire de tout le peuple chrétien’. C’est encore lui qui avait ajouté personnellement à cette Constitution son huitième chapitre intitulé ‘la Vierge Marie dans le mystère du Christ et de l’Église’. Par la suite a été insérée dans la réforme liturgique une messe mariale portant ce titre.

La Mosaïque ‘Mater ecclesiae’ de la place st Pierre

Les Papes ont clairement conscience que la Vierge Marie assiste l’Église tout au long de son pèlerinage dans l’histoire des hommes, et qu’elle est intervenue de manière significative dans plusieurs occasions pour la sauver de dangers imminents. C’est cette même affirmation qui a décidé le St Pape Jean-Paul II à faire figurer place St Pierre une image de Marie, Mère de l’Église, lui qui venait de bénéficier de la protection particulière de Marie lors de l’attentat du 13 mai 1981. Il a toujours été persuadé ‘qu’une main secourable’ (celle de Marie) avait dévié la balle fatale. Le modèle qui a servi pour représenter Marie Mère de l’Église sur la place St Pierre est l’image de la Madone de la Colonne, fresque du 16ème siècle qui se trouve dans la Basilique St Pierre.

Il y a là une discrète allusion au fameux songe de don Bosco appelé le songe des deux colonnes. Dans une mer en furie, la barque de l’Église sera finalement attachée à deux colonnes, l’une, plus haute et large, au sommet de laquelle se trouve l’Eucharistie, l’autre plus petite, au sommet de laquelle se trouve la Vierge Marie. Dans ce songe, le pape est frappé par un projectile et tombe à terre, mais il se relève, grâce à ‘une main secourable’.

La mission maternelle de Marie

Marie reçoit à la Croix une deuxième mission maternelle. Jusque là elle était ‘simplement’ Mère de Jésus, c’est-à-dire Mère de Dieu puisque Jésus est Dieu, à la Croix, elle reçoit la mission d’être Mère pour les disciples (représentés par ‘le disciple que Jésus aimait’) et finalement pour tous les hommes, puisque tous sont destinés à faire partie de l’Église, arche de salut. Marie est donc Mère de l’Église, et Mère de tous les hommes. St Louis-Marie Grignon de Montfort, comme St Augustin, fonde ce titre de Mère de l’Église sur l’idée du Christ Total : le Christ est la Tête de son Corps qui est l’Église. On ne peut séparer la tête de son corps. Si donc Marie a enfanté la Tête (le Christ), elle participe à la naissance du Corps tout entier.

On peut donc penser que le pape François a eu deux objectifs en instituant cette fête : apprendre ou réapprendre au peuple chrétien qu’il a une Mère, et demander à Marie de veiller sur ses enfants dans ces temps troublés où nous vivons, et sur l’Église sa fille.

Père Olivier Rolland

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Madone de la colonne, XVIès. Basilique st Pierre, Rome

 

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