La Nativité est l’un des mystères joyeux médités dans le  Rosaire. Saint Bernard (XIIès) dans ses Sermons, met en lumière les deux mystères liés à la Nativité de Notre Seigneur Jésus Christ : la pauvreté de sa naissance et la virginité féconde de la Vierge Marie. Nous en reproduisons une partie dans cet article.

Le texte de l’évangile de Luc : La Nativité (Luc 2, 1-21)
En ces jours-là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre – ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. – Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville d’origine. Joseph, lui aussi, monta de Galilée, depuis la ville de Nazareth, vers la Judée, jusqu’à la ville de David appelée Bethléem. Il était en effet de la maison et de la lignée de David. Il venait se faire recenser avec Marie, qui lui avait été accordée en mariage et qui était enceinte. Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter fut accompli. Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune. Dans la même région, il y avait des bergers qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. L’ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte. Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. » Lorsque les anges eurent quitté les bergers pour le ciel, ceux-ci se disaient entre eux : « Allons jusqu’à Bethléem pour voir ce qui est arrivé, l’événement que le Seigneur nous a fait connaître. » Ils se hâtèrent d’y aller, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire. Après avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant. Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient de ce que leur racontaient les bergers. Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé. Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l’enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception.

Le troisième mystère du Rosaire 
La Nativité est le troisième mystère du Rosaire. Il appartient au cycle des cinq premiers mystères, nommés mystères joyeux. C’est le sommet des trois mystères liés à l’Incarnation du Christ et à sa toute petite enfance : ‘Annonciation- Visitation- Nativité’. Le fruit de ce mystère est l’esprit de pauvreté. Il est parfois difficile de comprendre cette nécessité spirituelle, en un monde où beaucoup de ‘valeurs’ sont liées au confort et la richesse, à ce que st Bernard, reprenant une expression biblique, nomme la « prudence de la chair ».

La pauvreté choisie par Dieu
Voilà ce que nous dit st Bernard dans son Troisième Sermon pour le jour de Noël:
‘ Le Christ est né en hiver, au milieu de la nuit. Dirons-nous que c’est par un effet du hasard que le maître de l’hiver et de l’été, le Seigneur du jour et de la nuit ait voulu naître dans la plus inclémente des saisons et au milieu des ténèbres? Les autres enfants ne choisissent pas le moment de leur naissance, car à ce moment c’est à peine s’ils ont un souffle de vie; quant à la raison ils n’en peuvent faire usage, ils n’ont ni la liberté de choisir ni la faculté de délibérer. Mais pour Jésus-Christ, mes frères, quoiqu’il ne soit point encore homme, cependant il était, dès le principe, en Dieu, il était Dieu, doué de la même sagesse et de la même puissance qu’aujourd’hui puisqu’il est la vertu et la sagesse même de Dieu. Or le fils de Dieu, qui était parfaitement le maître de choisir, pour naître, le moment qu’il voulait, préféra l’époque de l’année la plus dure pour un enfant qui vient au monde, et surtout pour l’enfant d’une femme pauvre, qui a à peine quelques langes pour envelopper ses membres et qui est forcée de le coucher dans une crèche. Dans un si grand dénuement, je ne vois pas qu’il ait été question de fourrures pour lui. Le premier Adam reçut un vêtement de peaux de bêtes, le second est enveloppé dans des langes. Ce n’est pas ainsi que le monde agit, il faut ou que Jésus se trompe ou que le monde soit dans l’erreur; mais comme on ne peut dire que la sagesse divine se trompe, il s’en suit que : « la prudence de la chair, qui n’est après tout qu’une véritable mort, est ennemie de Dieu (I Cor. III, 19), » et que la sagesse du siècle est bien nommée une folie. En effet, le Christ qui ne peut se tromper choisit ce qui mortifie le plus la chair : c’est donc ce qu’il y a de meilleur, de plus avantageux et de plus digne de nos préférences, et nous devons nous défier de toute personne qui nous enseignerait ou nous conseillerait le contraire, comme d’un véritable séducteur.

Le mystère de la Vierge Marie, vierge-mère.

La Nature s’étonne en nous lorsque l’on parle de la virginité féconde de Marie. Voilà ce que dit st Bernard à propos du mystère de cette virginité féconde :
‘Le second mélange est celui d’une vierge-mère; il est admirable et sans exemple; jamais on n’a entendu parler d’une vierge qui fût mère et d’une mère qui fût vierge; jamais, dans le cours ordinaire des choses, la virginité ne se rencontre là où est la fécondité, ni la fécondité là où se trouve la virginité. Il n’y a que dans ce mélange que la virginité et la fécondité se sont rencontrées; là seulement s’est fait ce qui ne s’était jamais vu auparavant, et ne se renouvellera plus jamais dans la suite; car ce mélange est sans exemple avant lui et ne se répétera plus.
(…) De même que le fer et l’argile ne peuvent s’unir, ainsi ces deux choses ne peuvent se fondre en une si l’esprit même de Dieu n’en fait le mélange. Faut-il donc croire que celui qui est déposé dans une crèche, qui vagit dans des langes, et ressent les mêmes nécessités que les autres enfants, qui est flagellé, conspué, crucifié, mis dans un sépulcre et renfermé entre deux pierres, soit le Dieu grand et immense? Sera-ce une vierge que cette femme qui allaite son enfant, et dont un mari partage la couche et la table? Qu’il accompagne lorsqu’elle va en Égypte et quand elle en revient, et fait seul avec elle un voyage si long et si solitaire? (…) Des jeunes gens et des jeunes filles, des vieillards et des enfants ont préféré souffrir mille morts plutôt que de douter un seul instant de ces merveilles. ‘

Que la Vierge Marie nous aide à entrer dans ce double mystère, que Marie qui défait les nœuds délie ceux qui sont liés à l’incrédulité, pour nous faire entrer avec un cœur d’enfant dans cette joie du mystère de la Nativité, qui nous enseigne, une fois de plus, que « rien n’est impossible à Dieu »

Isabelle Rolland

Source iconographique:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Gentile_da_Fabriano_-_Nativity_-_WGA08543.jpg

Pour en savoir plus

Sermons de st Bernard sur la Nativité:

St Bernard. Troisième sermon pour le jour de Noël.Accessible en ligne à l’adresse suivante: http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/bernard/tome03/homtemps/noel/noel009.htm

st Bernard. Quatrième sermon pour le jour de Noël. Accessible en ligne à l’adresse suivante: http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/bernard/tome03/homtemps/noel/noel010.htm

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *