Dieu seul est tout puissant car il est le Maître de tout. Il a créé le ciel et la terre. Il donne la puissance aux rois et puis il la leur retire. A Pilate qui lui rappelle qu’il a le pouvoir de le crucifier, Jésus lui répond : « Tu n’aurais aucun pouvoir sur moi, si cela ne t’avait été donné d’en haut. » (Jn 19, 11)
Si l’homme se croit fort et puissant, Dieu ne peut plus avoir pour lui que mépris et dégoût. « Il a renversé les puissants de leurs trônes et élevé les humbles. » (Lc 1, 52)
Le seul moyen de triompher de Dieu et de le faire obéir à nos désirs, c’est de savoir et de se reconnaître devant lui comme un néant. Plus on est humble, plus on est puissant devant Dieu, parce que la mesure de la grandeur de la créature est celle même de l’hommage qu’elle rend à son créateur.
Marie qui est la fille du Père, la Mère du Fils, et l’épouse du Saint Esprit, est remplie de la puissance de Dieu en elle, parce qu’elle s’est faite humble pour l’accueillir et répondre dans la foi et l’humilité à sa demande d’être la Mère de son Fils pour le salut de l’humanité.
Marie est puissante parce qu’elle est humble et a accepté le plan d’amour et de salut du Père par son Fils et dans l’Esprit Saint, pour racheter l’homme et le régénérer par sa grâce, afin d’en faire un homme nouveau et à jamais sauvé dans une éternité de vérité et d’amour qu’est le Christ : « Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, et celui qui ne croira pas, sera condamné. » (Mc 16, 16) La puissance de Marie est dans son Fiat qui nous a valu un tel Rédempteur et le Chef d’une Église pour nous donner par la parole divine et les sacrements, l’assurance du salut éternel.

La puissance de Marie est dans son pouvoir d’intercession et de coopération
Marie comme Mère du Fils de Dieu, a un pouvoir d’intercession de même nature que celui des saints de la terre et du ciel ; mais néanmoins il diffère par le degré suréminent de son influence sur le Christ qui est l’unique Médiateur, le seul Rédempteur souverain, indépendant et universel.

Prier Marie comme prier les Saints, c’est toujours prier Dieu, en recourant aux mérites infinis du Christ, source de tout bien et de toute grâce. Si Marie intercède pour nous, son Fils ne lui refusera rien, car ce qu’elle demandera est toujours en faveur de la sanctification de ses enfants et de leur salut.
La prière humble de Marie touchera toujours le cœur de son Fils, parce qu’elle est parfaite, humble, miséricordieuse et salutaire aux besoins physiques et spirituels de l’homme pécheur qu’elle veut régénérer dans la grâce de son Fils.
Et si Jésus exauce sa Mère, c’est parce qu’il sait qu’elle demandera toujours pour nous ce qu’il nous faut et non ce que nous désirons.
Marie a su intercéder à Cana pour éviter la honte aux mariés et fournir le vin de la fête, de la joie et du bonheur des mariés. Marie a sollicité son Fils pour qu’il avance son heure de gloire et de reconnaissance de sa divinité au milieu de ses disciples et des invités, et beaucoup crurent en Jésus, Fils de Dieu. « Il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui. » (Jn 2, 11)
Si la prière des Saints a tant de valeur, que sera la prière de la Reine des Saints. En effet, Marie dans le cœur de son divin Fils, connaît nos besoins, nos peurs, nos angoisses, mais aussi nos espérances, notre foi en elle et en son Fils, et elle sait qu’elle peut tout demander à ce Fils pour qui elle a dit oui, et a souffert toute sa vie pour œuvrer avec lui à la rédemption du monde.
Qui a tout donné à Jésus ne peut-il pas espérer tout recevoir de sa miséricorde et de l’intervention de Marie ?

Marie est toute puissante par son pouvoir de coopération
En effet, elle a coopéré à l’œuvre salvifique par le don de sa vie à son Seigneur, et durant sa vie terrestre, elle a travaillé avec Joseph à élever Jésus et à en faire un homme qui, humble et doux, a tout appris humainement ce qu’il savait déjà divinement. Mais durant sa vie terrestre, Marie a toujours œuvré au plan divin de son Fils venu pour évangéliser les hommes aux vérités du salut, et leur apprendre que la volonté de Dieu est qu’ils deviennent parfaits dans la vérité qui libère (Jn 8, 32) et l’amour qui sanctifie parce que la charité selon Saint Paul, « excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout et elle ne passera jamais. »
(1 Co 13, 7-8)
La puissance de Marie domine celle de tous les Saints et de tous les anges réunis comme la puissance de la fille unique du Roi éternel des siècles doit surpasser celle de tous ses serviteurs, comme l’autorité de la Mère de Dieu doit être l’abîme où vient se fondre et prendre forme toute celle de ses autres enfants adoptifs.

Marie est toute puissante parce qu’elle est la Fille unique du Roi éternel des siècles.
Si Marie reçut un tel nom, c’est parce qu’elle fut conçue en même temps que lui, le Verbe incarné, l’éternelle sagesse faite homme comme son concept premier, et comme sa forme achevée, et cela la pose évidemment à l’origine de toute opération extérieure divine comme la raison et moyen pratique, autant que comme exemplaire de toute création possible.
En toute vérité, et sans exagérer dans les termes, Marie peut donc dire que l’Église reproduit dans sa liturgie : « Dès le commencement et avant tous les siècles, je fus créée. » Cela signifie que dès le commencement, dès le premier principe qui est ce Verbe devenu mon Fils, j’ai été créée et j’ai existé dans la pensée de Dieu. C’est pour moi comme pour mon Fils qu’a été fait tout ce qui existe. Éternellement donc aussi, j’ai été l’aurore de cette lumière qui illumine la raison de tout homme venant en ce monde.
Marie est donc bien et en réalité la fille aînée de Dieu, la cohéritière du Christ ; et, avec lui, et pour lui, la raison de toutes choses ; elle est avec lui, et pour lui, copropriétaire, par destinée, de toute gloire, de toute grâce, de tout bien, sortis du sein éternel, par le dessein libre mais éternel de sa Providence miséricordieuse.
Comme Jésus est le Roi des rois, elle est donc la Reine des reines. Elle a le partage de sa puissance, par conséquent, comme de sa royauté ; et comme Jésus est le chef-né de tous les élus, elle-même en est donc nécessairement la mère. Étant la Mère du Chef, comment ne le serait-elle pas des membres de l’Église ?
Marie n’est qu’une fille de Dieu et sa créature, mais c’est une créature si privilégiée, si suréminente, qu’elle a pu être et mériter d’être, par un miracle de puissance divine, la vraie mère de Dieu. C’est justement ce qui l’exalte d’autant plus, et ce qui exalte vraiment à l’infini la puissance de ce bras de Dieu qui a pu faire dans une si humble créature, de si grandes choses !
La puissance de Marie se révèle dans le dessein de la création de cette Vierge bénie qui est à l’origine de tout ; c’est de ce dessein premier que ressortent celui de l’existence de tout ce qui existe, celui de l’Incarnation du Fils de Dieu, celui de la Rédemption et celui de la glorification universelle.

Marie est toute puissante parce qu’elle est l’épouse de Dieu
En effet, parce que Dieu est amour, il dépasse tout entendement humain et on se demande pourquoi il s’est abaissé, lui si grand, à épouser ainsi solennellement la pauvre et humble nature humaine, au point de ne faire plus qu’un avec elle, au point d’être vrai Homme autant que vrai Dieu. Quand vous comprendrez une fois que Dieu est amour, amour infini, vous ne mettrez plus des bornes à son amour. L’amour ne raisonne pas, l’amour se donne parce qu’il est l’amour ; et l’amour infini doit se donner infiniment.
Si Dieu ne s’était pas donné de façon à écraser toute conception humaine ou angélique, alors l’homme aurait raison de douter que cet amour ayant des bornes, puisse être vraiment l’amour de celui dont l’essence est de ne pas en avoir.
Dieu a aimé l’homme de toute éternité parce qu’en lui tout est présent, tout est acte libre. Il est l’être infini non soumis aux circonstances. Il est la puissance infinie autant que l’infini amour. Ayant fait l’homme à son image, il a voulu se faire lui-même à l’image de l’homme, et il y parvint par la Vierge Marie. Il l’a faite si grande, si belle, si pure, cette Vierge, qu’il a pu sans déchoir, l’épouser à la face du Ciel et de la terre, et engendrer de sa chair et de son sang, son propre Fils, son Verbe éternel, en sorte que devenu aussi Fils de l’homme en même temps que Fils de Dieu, cet Homme-Dieu pût dire à chacun de ses frères : « Mon fils, donne-moi ton cœur, car c’est de toute éternité que j’ai fiancé ton âme à la mienne. » (Os 2, 21)
Mais pour se fiancer avec le genre humain, il fallait que Marie se donnât à lui librement et volontairement, puisque ce n’était que par elle et en elle, qu’il avait décidé de prendre la nature humaine.
Marie est la fille du Père mais dans le contrat divin et éternel qui l’unit au Fils de Dieu, ce même contrat l’unit du même coup au Père éternel lui-même, car le Fils du Père et le Fils de Marie est le même Jésus, et comme elle sera donnée pour être la Mère du Fils, elle sera l’épouse du Père. Ce Père n’a d’autre trésor que son Fils, son Verbe égal à lui-même, splendeur vivante de sa substance, lumière de sa lumière. Or il lui plaît que ce Verbe, cette splendeur, cette lumière, soit le Fils de la Vierge Marie ; il lui plaît donc d’élever ainsi Marie à la hauteur de sa grandeur infinie, au privilège de son incommunicable fécondité, à l’apogée de sa vertu, à la ressemblance de sa suprême perfection, et ainsi à la communication et au partage de son pouvoir de Dieu. Qui osera, après cela, mesurer et discuter la puissance de la Vierge Marie, épouse du Père, et ayant avec lui et de lui seul, le mystérieux et le bien réel privilège d’engendrer de sa chair le même Fils, la même splendeur, la même lumière que lui-même.
En échange de tant de faveurs reçues de son époux divin, Marie lui fait don de son propre Fils devenu l’adorateur suprême de son infinie majesté, et en même temps que le réparateur de tous les outrages accomplis contre lui par ses créatures.
Marie participe par là à tous les mérites de son divin Fils, et son nom de Marie partage avec celui de Jésus, ce pouvoir et cette force puissante de faire fléchir tout genou et d’incliner toute tête au Ciel, sur terre, et aux enfers. Marie le dira elle-même : « Désormais, toutes les générations me diront bienheureuse, car le Tout Puissant a fait pour moi de grandes choses… Il a déployé la force de son bras, il a dispersé les hommes orgueilleux. » (Lc 1, 48-49, 51)
Ceci signifie que Marie est, avec son Fils, l’expression parfaite de la toute- puissance de Dieu.

Marie est toute puissante parce qu’elle est Vierge Mère et Mère Dieu
À l’Annonciation, Marie n’était que Vierge, dès lors, elle est Vierge Mère et Mère de Dieu. Être Mère de Dieu, de son Fils vrai Dieu et vrai Homme, lui accorde une puissance de Mère sur un Fils qui lui doit son humanité mais aussi tous les titres de Prêtre, Prophète et Roi qu’il va exercer et qui font de Marie la cause consciente, efficace et formelle de toutes les sublimes destinées du Christ.
Si Marie a tout donné à son Fils pour sa mission d’Évangélisateur, de Rédempteur et de Chef de son Église, alors que peut-il lui refuser ?
Leurs volontés s’unissent pour le salut des hommes et Marie sera toujours là avec son pouvoir d’intercession qui s’inscrit comme la toute-puissance suppliante.
Mais ce que Marie demandera pour ses enfants de la terre, ce sera toujours notre salut éternel et notre bonheur de partager sa gloire dans le sang de l’Agneau qu’il nous a méritée par son sacrifice sur le calvaire.
Marie a coopéré toute sa vie terrestre avec Jésus, au salut des hommes en nous donnant son Fils, source de toute vie naturelle comme Dieu, et de toute vie surnaturelle comme Homme. Mais si Marie a coopéré sur terre, elle coopère encore au Ciel pour encourager les apôtres du Christ, les prêtres et tout chrétien de l’Église, à évangéliser pour que tout homme connaisse la Bonne Nouvelle, y croie et vive de Jésus Christ, pour être sauvé à jamais.
La grande puissance de Marie sera d’être la Fille du Père, la Mère du Fils et l’Épouse du Saint Esprit, et d’agir sans cesse pour que cette Trinité Sainte soit reconnue des hommes et que chacun découvre que Jésus est le cep de vigne qui donne la sève ou la vie à tout homme, et lui permet de porter les fruits de vérité et de charité qu’il attend de tout homme, mais ce cep divin provient du sein virginal qui l’a donné à toute l’humanité.
Jésus, par Marie, a créé son Église qui est le temple dont lui-même est la pierre angulaire et suprême sur lequel tout l’édifice repose et s’élève pour devenir le Temple Saint dans le Seigneur. Et chacun de nous, par son corps, est le temple du Saint Esprit qui est en nous et que nous tenons de Dieu. Racheté par le Christ, tout chrétien ne s’appartient plus et sa mission est de glorifier Dieu dans son Corps. (1 Co 6, 19-20)
Marie a reçu la plénitude de grâce qui est si grande qu’elle peut se répandre sur tous les hommes. Elle et son divin Fils ont reçu tout du Père pour tout donner aux hommes. Mais Jésus a tout reçu comme source et Marie comme réservoir et abreuvoir, en sorte que dans toute espèce de danger, vous trouverez en elle le salut, dans tout combat, l’assistance maternelle, dans toute misère, la nourriture. C’est pourquoi Marie a dit d’elle-même : « En moi est toute l’espérance de la vie et de la vertu » (Saint Thomas d’Aquin Opusc. 8)
Marie garde à jamais son pouvoir de coopération et d’intercession pour notre salut dans le Ciel, et comme elle est unique pour l’influence qu’elle a exercée sur terre, elle est unique aussi pour celle qu’elle exerce du haut de son trône de gloire. Croyez en Marie toute puissante sur le cœur de Jésus, et vous aurez les grâces que cette Mère d’amour ne peut pas refuser à ses enfants.

Prions Marie qui défait les nœuds de nous accorder les grâces dont nous avons besoin pour être le saint ou la sainte qu’elle attend de nous, parce qu’elle a su dire oui pour nous, afin que nous sachions l’imiter dans son humilité et sa charité pour partager, un jour, avec elle la gloire éternelle de son Fils. Amen

Père François Zannini

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.