Comment se fait-il que, au dire de beaucoup, il puisse y avoir des prières non exaucées ? Le Christ ne nous invite-t-il pas, avec insistance, à demander et à demander avec insistance ? Le Christ ne promet-il pas que « Tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. » (Jn 15,16) ? Sa promesse est-elle illusoire ? Vous voyez, ces questions sont fondamentales et elles rejoignent ce qui, pour beaucoup, est une blessure qui peut être profonde. L’article propose de mieux comprendre cette question et nous montre comment la Vierge Marie accompagne notre prière.

Ce que nous demandons
Une première réponse, certainement insuffisante, mais importante, nous vient de St Augustin : « Si nos prières sont parfois non exaucées, c’est que nous demandons aut mali, aut male, aut mala : aut mali, en étant mauvais, et pas assez préparés pour demander ; aut male, nous demandons mal, d’une mauvaise manière, avec peu de foi ou sans persévérance, ou avec peu d’humilité ; aut mala, nous demandons des choses mauvaises, ou qui, pour une raison ou une autre, ne nous conviendront pas » (La Cité de Dieu, 20, 22)
Cette réponse de St Augustin nous permet de comprendre trois niveaux de défaillance : nous-mêmes, notre vision de Dieu, l’objet de notre demande.
Nous-mêmes. Parce qu’il n’est pas indifférent à Dieu que nous restions dans notre péché ou que nous cherchions à en sortir. Si nous ne cherchons à nous convertir, à nous retourner vers Dieu, à tenir compte de lui dans notre vie de tous les jours, alors, c’est que nous n’avons pas compris ce que Dieu attendait de nous, pour notre propre bien. Dans le chapitre 15 de l’Évangile de Jean, Jésus insiste en disant à ceux qu’il n’appelle plus serviteurs, mais amis : « Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande » (verset 14). Or qu’est-ce qu’il commande ? « Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (verset 12). Puis, au verset 16 : « Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous l’accordera ». Dieu exauce certainement la prière de ceux qui s’efforcent d’être des amis de Jésus. C’est la raison de la puissance de la prière des saints. Ils sont devenus amis de Jésus. Et ils demandent au Père au nom de Jésus. Tout cela doit nous inviter à comprendre que nous devons être dans un effort permanent de conversion.
Notre vision de Dieu. La manière dont nous demandons à Dieu dépend de la manière dont nous considérons Dieu. Si nous demandons à Dieu d’exaucer dans l’immédiat la prière que nous lui adressons, parce que notre bon vouloir est supérieur au bon vouloir de Dieu, c’est que nous le prenons pour un distributeur automatique : nous avons mis dans la machine la pièce de notre prière, nous devons obtenir ce que nous avons demandé… Toute prière faite à Dieu doit l’être avec humilité, avec confiance, avec persévérance. Mais nous devons garder à l’esprit que Dieu entend toutes nos prières : « Le Seigneur accueille ma demande, le Seigneur entend ma prière. » (Psaume 6,10)
L’objet de notre demande. Que demandons-nous à Dieu ? Parfois des choses insignifiantes, parfois des choses impossibles, parfois trop peu, parfois trop. Il peut nous sembler que ce que nous demandons à Dieu est réellement important, et ça peut d’ailleurs objectivement l’être. Ou bien nous évitons de demander des choses à Dieu parce que nous jugeons que ce n’est pas important. Parfois aussi il peut arriver que nous demandions ou que nous commandions à Dieu de faire exactement ce que nous avons demandé, dans l’ordre prescrit, de sorte que nous inversons la prière du Notre Père : non pas que ta volonté soit faite, mais la mienne !
Tout cela a pour but de nous faire comprendre que Dieu est maître de sa réponse. Pourquoi certaines prières sont-elles exaucées et pas d’autres ? Mystère. Pourquoi Dieu nous demande-t-il de demander s’il n’exauce pas même des demandes qui sont importantes pour nous ? Nous devons sûrement entendre cette réponse de Jésus qui intervient précisément après son invitation à demander : « Quel père parmi vous, quand son fils lui demande un poisson, lui donnera un serpent au lieu du poisson ? ou lui donnera un scorpion quand il demande un œuf ? Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! » (Lc 11,11-13) Nous devons entendre ce que Jésus dit ici : il y a une prière qui est toujours exaucée, celle qui consiste à demander au Père l’Esprit Saint. Quelle que soit notre prière de demande, dans laquelle nous demanderons à Dieu des choses vitales, bonnes, avec insistance, confiance et humilité, rajoutons toujours cette demande : Père, donne-nous ton Esprit Saint.

L’intercession de la Vierge Marie dans notre prière

Nous ne devons pas oublier non plus qu’il y a une prière d’une grande puissance, plus que recommandée par l’Église, puisqu’elle fait l’objet d’une fête : le Saint Rosaire, le chapelet. Quelle ne fut pas l’étonnement de Ste Bernadette de voir que la Vierge apparaît avec un chapelet ! Et pendant que Bernadette récite le chapelet, la Vierge Marie, la Belle Dame, égrenait son chapelet, mais sans bouger les lèvres. Comprenez bien : Marie ne peut pas dire « Je vous salue, Marie ! », mais en égrenant son chapelet au même rythme que Ste Bernadette, Elle faisait comprendre que, alors que nous lui disons ‘priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant…’, Elle le fait maintenant. Et ainsi, dans chaque chapelet, nous avons une alliée de taille : Celle-là même qui, à Cana, par sa prière délicate, discrète et confiante, a obtenu de son Fils le premier des signes par lesquels il a manifesté sa gloire.
Sœur Lucie du Cœur Immaculé de Marie, celle qui, à Fatima, a reçu la mission de faire connaître et aimer le Cœur Immaculé de Marie, a dit, dans un entretien bien documenté : « La Très Sainte Vierge, en ces derniers temps que nous vivons, a donné une efficacité nouvelle à la récitation du chapelet. De telle façon qu’il n’y a aucun problème, si difficile soit-il, temporel ou surtout spirituel, se référant à la vie personnelle de chacun de nous, de nos familles, des familles du monde ou des communautés religieuses, ou bien à la vie des peuples et des nations. Il n’y a aucun problème, dis-je, si difficile soit-il, que nous ne puissions résoudre par la prière du saint Rosaire. Avec le saint Rosaire nous nous sauverons, nous nous sanctifierons, nous consolerons Notre-Seigneur et obtiendrons le salut de beaucoup d’âmes. »

Rappelons-nous : la prière demande foi, humilité, persévérance, confiance, conversion et charité. Alors, toute prière devient, aux yeux de Dieu, un trésor et il y répond de la meilleure façon possible.

Père Olivier Rolland

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