L’Annonciation et l’Incarnation : deux Mystères conjoints
Nous fêtons aujourd’hui l’Annonciation, c’est-à-dire la réponse positive de la Vierge Marie à l’invitation de l’ange, de la part du Seigneur, lui demandant si elle voulait être la mère du Fils de Dieu. C’est grâce à Marie, nouvelle Ève, que l’Incarnation du verbe de Dieu a été possible. L’article offre une méditation et un commentaire sur ces deux mystères conjugués, et notre façon de les recevoir.

Le miracle de l’Amour trinitaire
L’archange Gabriel annonce à Marie qu’elle allait concevoir le Verbe éternel, le Fils unique de Dieu, le Sauveur du monde, l’Emmanuel : Dieu parmi les hommes. Ce n’est pas un enfantement spirituel mais une conception bien réelle, avec un enfant semblable à tous les enfants des hommes.
Marie, sachant que Jésus va être conçu en son sein, pose la question à l’ange : « Comment cela se fera-t-il, puisque je suis vierge ? » (Lc 1, 34) et l’ange lui répond : « L’Esprit Saint viendra sur vous et la puissance du Très Haut vous prendra sous son ombre. » (Lc 1, 35) C’est pour cela que Dieu vous a choisie pour être sa mère, car vous êtes de toute éternité son épouse, et parce que vous méritez d’être sa mère. L’archange lui affirme que : « l’Esprit Saint, l’Amour substantiel du Père et du Fils va descendre en vous, non plus seulement par ses grâces, mais dans sa propre personne, pour opérer dans votre sein virginal, ce miracle d’amour : avec lui et par lui, le Père va épancher en vous toute sa vertu génératrice du Verbe. Dieu va vous couvrir de sa plus haute puissance, pour que vous puissiez couvrir vous-même son Verbe de votre chair, en sorte que de vous et en vous, le Verbe s’est fait chair. »
Il est évident que si le Père et le Fils s’aiment d’un même amour et ces deux amours se rencontrent, s’unissent, se conjointent au point de faire en Dieu, une troisième personne qui est l’Esprit Saint. Celui-ci est donc le terme et la perfection de la Sainte Trinité. Rien ne pourra séparer ceux que l’amour éternel a unis, d’où Saint Jean nous dit : « Dieu est amour » (1 Jn 4, 8)
En Dieu Père, Fils et Saint Esprit, il n’y a qu’une seule volonté et qu’un seul amour conséquemment. De toute éternité, les trois ont préparé ce miracle de l’amour. Le Père savait que l’homme désobéirait, et il avait préparé Marie, la nouvelle Ève, pour accueillir son Fils et lui permettre de prendre chair et devenir le Fils de l’homme dont il se glorifie de s’appeler ainsi, car il aspire avant tout d’être le frère, l’ami, le sauveur de ses créatures, et sa plus grande joie est d’être aimé d’elles.

Marie, nouvelle Ève
La venue de Jésus sur terre a pu se réaliser par le Fiat de Marie qui lui a permis d’accomplir son incarnation et sa rédemption. Quand la Vierge Marie a consenti, à l’instant même, le Verbe s’est fait chair et le Saint de Dieu apparut au milieu de nous, conversant avec nous et nous aimant comme ses frères, jusqu’à la fin du monde. Même dans la chair, Jésus représente exactement son Père dont il est l’image parfaite de sa sainteté infinie, et comme il est venu pour être notre exemple à nous tous ses frères, il peut donc nous commander : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » (Mt 5, 48)
Jésus nous invite à suivre le modèle qu’il est pour nous et qu’il nous a tracé en lui-même et jusque dans sa chair qui est la nôtre.
Pourquoi tant d’amour dans le cœur de Jésus ? Parce que Dieu est Amour et s’il a permis à certains hommes de l’aimer tant, il veut nous montrer que son amour à lui est infini, sans mesure et gratuit, et qu’avec sa grâce, nous pouvons l’imiter pour partager un jour sa gloire.
Marie est le complément de la Sainte Trinité, car elle lui permet de réaliser son œuvre de rédemption et de sanctification de l’homme, par le Fils et le Saint Esprit unis au Père.
Marie est cette nacre toute pure où s’est renfermée cette perle d’un prix infini qu’on appelle Jésus, et que les patriarches, les rois, les prophètes ont tant attendu en Israël et pour qui les martyrs et les saints et saintes ont tout sacrifié pour l’aimer et l’adorer durant toute leur vie terrestre. C’est par le titre de Mère de Dieu que repose toute notre foi chrétienne, parce sans Mère, Jésus n’aurait jamais pu être homme, ni Sauveur, ni Fondateur de son Église, et l’homme mourrait à jamais dans sa révolte contre Dieu.
L’homme doit comprendre que la porte étroite par où Dieu est descendu jusqu’à nous, c’est aussi par-là que l’homme lui-même pourra monter jusqu’à Dieu. L’homme doit confesser Marie, Mère de Dieu, et l’honorer comme telle, ou bien renier Jésus Christ et la vertu de sa croix qui est le salut du monde.

Le mystère de l’Incarnation et son rejet dans l’histoire
Jésus n’a rien fait à moitié en prenant une forme angélique pour venir à nous. Non, il s’est fait homme prenant notre chair et notre condition humaine en tout, excepté le péché. Il devient réellement homme alors qu’il était Dieu. Il est tout à la fois homme et Dieu. Il réunit en lui le mystère de l’incarnation qui est une seule personne avec deux natures : divine et humaine. C’est le vrai objet de la foi chrétienne sur lequel se développent tous les articles du credo. C’est aussi la pierre d’achoppement sur laquelle butent tous les rationalistes, les esprits indociles, les cœurs rebelles, et tous les incrédules qui n’écoutent que leur raison et non la voix de Dieu, et qui refusent la parole de Saint Augustin : « Credere ut intellegas ; il faut croire pour comprendre ».
L’homme ouvert au surnaturel peut accepter cette vérité pour quelque temps, mais jamais définitivement, parce qu’il sait qu’admettre Jésus : vrai Dieu et vrai Homme, c’est accepter son image d’un Dieu pauvre et crucifié. Il le confesse alors du bout des lèvres, mais son cœur repousse cette image en secret. L’homme naturel a toujours agi ainsi et il est à l’origine de toutes les hérésies et de tous les schismes.
Dans toute l’histoire de l’Église, on a combattu cette Incarnation de Jésus, en disant qu’il avait un corps apparent et que ce n’était pas lui qui souffrait, ce fut le docétisme. Certains prétendaient que Jésus n’avait eu un corps que pour son baptême et sa passion, et d’autres affirment que Jésus n’est qu’un homme avec un esprit divin.
L’homme avec sa raison seule a toujours du mal à accepter la vérité johannique : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était Dieu et le Verbe s’est fait chair et il est venu habiter parmi nous. » (Jn 1, 1, 14)
On pourrait admettre encore un Dieu crucifié mais un Dieu né, fait de la femme (Ga 4, 4), cela rebute à l’orgueil humain, et c’est par là que Marie écrase la tête du serpent qui est Satan et que l’orgueil a perdu, et c’est par ce même orgueil qu’il inspire les hommes à ne pas croire à l’Incarnation du Christ, pour les perdre. Et tout refus de Marie, Mère de Dieu, va à l’encontre de l’acceptation de l’Incarnation et de la Rédemption par le Christ.
Le protestantisme, l’athéisme, le matérialisme athée, l’hédonisme à outrance, le nihilisme de toutes les valeurs morales s’unissent pour refuser la reconnaissance de la Mère du Christ comme la Mère de Dieu, afin d’ignorer le Fils de Dieu, Vrai Dieu et Vrai Homme, pour le salut de l’humanité.
Pour le protestantisme, on nie un Jésus, Fils de Dieu dans le Ciel, mais seulement Fils de Dieu quand il fut conçu du Saint Esprit. Ils se scandalisent en faisant preuve de respect quand on représente l’homme en Jésus Christ purement et simplement comme étant Dieu. Ils ne tolèrent que dans un sens figuré l’assertion contraire consistant à dire que Dieu a eu un corps humain et qu’il a souffert. Pour eux l’expiation et la sanctification par l’Esprit sont tout l’évangile. En niant que Marie soit Mère de Dieu, qu’elle soit vierge et immaculée, on veut non seulement atteindre la Mère, mais encore toucher infailliblement le Fils de Dieu, le Verbe incarné.
Si on veut lutter contre l’incrédulité humaine, il faut ramener les enfants de Dieu vers Marie comme étant Vierge et Mère de Dieu, afin qu’elle les conduise à son Fils. C’est en confessant Marie, Mère de Dieu, que nous confessons que Jésus-Christ est vraiment l’Emmanuel c’est-à-dire Dieu avec nous.

Qui sont les enfants de Dieu ?
Pour Saint Jean, les vrais enfants de Dieu sont ceux qui croient que Jésus Christ s’est incarné dans le sein de la Vierge Marie, et que ce même Jésus, homme comme tous les enfants des hommes, est vraiment le Fils unique de Dieu, seconde personne de la Sainte Trinité.
C’est à cette foi que l’on distingue dans une âme le vrai Esprit de Dieu, l’Esprit de Vérité qui nous enseigne et nous fait croire à l’excès d’amour de Dieu pour nous.

Demandons à Marie qui défait les nœuds d’enfanter dans nos âmes Jésus son Fils et le Fils du Père.
Ainsi Il nous purifiera et nous associera à son œuvre rédemptrice et sanctificatrice dans ce monde qui a perdu sa vérité et son amour, et il nous élèvera par la prière de sa Mère, à une véritable conversion qui fera la joie de Marie et la gloire de son Fils uni au Père et au Saint Esprit.
Amen

Père François ZANNINI

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