Nous avons vu dans notre dernier article combien le pardon peut guérir le corps de bien des maux liés à notre désir de vengeance ou notre soif de justice jamais inassouvie. Nous allons continuer notre réflexion sur le pardon capable de guérir aussi le cœur humain en lui évitant de nombreux maux affectifs mais aussi physiques.

Plus on aime, plus on pardonne, mais plus on est haineux et rancunier dans son cœur, plus on souffre et plus on fait souffrir autrui parce que l’on va contre sa propre nature : celle que Dieu nous a donnée pour aimer, donner, se donner et pardonner pour être heureux. Cette logique de l’amour ouvre à la vie et l’autre logique de haine ouvre à la mort. Alors voyons comment le pardon peut guérir notre cœur d’un certain nombre de maux affectifs et physiques.

Le pardon, une grâce

Le corps devient malade parce que l’esprit refuse la sagesse et le cœur, l’amour et la joie du pardon.
L’affectif est souvent blessé au niveau conjugal, familial, amical, social quand le pardon est refusé par un orgueil démesuré, un égoïsme outrancier et une volonté consciente d’avoir toujours raison et d’imposer sa pensée ou sa loi.
Pardonner dans la vie conjugale, familiale, amicale et sociale est une exigence fondamentale pour avoir une vie harmonieuse et paisible. C’est la condition de la communion et du bonheur et la certitude d’une guérison affective durable.
Le pardon peut changer toute la vie d’un homme et de son entourage ; voyons quelques-uns de ses bienfaits dans la vie personnelle et collective.

Les bienfaits du pardon
Le pardon évite la destruction de soi et d’autrui et permet de remédier à un égoïsme profond, à des mensonges fréquents, à du mépris de la personne et prévient l’obstination de l’orgueil et le désir de domination.
Le pardon permet de se connaître tel que l’on est, de s’accepter soi-même et autrui dans nos différences et d’œuvrer ensemble à plus de franchise, de correction mutuelle, de reconnaissance de ses faiblesses et des caractères propres à chacun.
Le pardon favorise le dialogue dans la vie conjugale et amicale et évite une existence basée sur des non-dits permanents ouvrant la porte à une atmosphère tensionnelle, de crainte naturelle, de dispute et d’incompréhension constante.
Le pardon évite l’accumulation des rancœurs et des rancunes conduisant les êtres à se détester mutuellement parce qu’ils n’ont vu que les travers de l’autre et ont oublié la richesse de son cœur et la sagesse de son esprit.
Le pardon mutuel et constant évite bien des maux physiques comme la tension nerveuse, la phobie de l’autre, la boule dans l’estomac, l’insomnie, l’hypertension nerveuse, les dérèglements intestinaux, les crampes d’estomac entraînant parfois des ulcères, de l’hyperacidité gastrique et un risque d’ hernie hiatale.

Le pardon, une richesse
Le vrai pardon œuvre toujours au mûrissement de l’amour et ce dernier ne mûrit que dans le renoncement de soi et un pardon constant et vrai à la personne aimée.
Le vrai pardon travaille les cœurs exigeant toujours un dialogue sincère, une recherche de la vérité, du bien commun et de l’élévation mutuelle.
Le pardon qui est le fruit de l’amour humble, guérit le mal affectif parce qu’il libère l’homme en profondeur et, dans sa gratuité, le pardon, fruit d’un amour sincère et d’une humilité vraie, redonne à l’autre la possibilité d’aimer sans l’enfermer dans sa faute et le culpabiliser toujours plus. C’est en ce sens que le pardon redonne à l’homme l’espérance de changer et de s’améliorer par amour et pour l’amour de Dieu et de l’autre.
Qu’on se souvienne que toute maladie affective ou corporelle exprime souvent un cœur qui ne respire plus la vie et la vie c’est l’amour, et l’amour c’est aussi le pardon fidèle et généreux en permanence.
Le vrai pardon quotidien évite aux couples, aux amis, aux collègues de travail de vivre en parallèle, mais davantage en communion et dans l’unité. Ils cessent de se dévorer l’un l’autre pour avoir faim ensemble de ce qui soutient leur amour ou leur amitié c’est-à-dire la vérité, l’acceptation de l’autre dans son identité, le dialogue et le pardon mutuel sans cesse redonné dans l’infini de l’amour c’est-à-dire 77 fois 7 fois selon Jésus.

Demandons à Marie qui défait les nœuds  que tout couple, toute amitié, toute relation humaine s’inscrivent dans la joie du pardon mutuel et en toute circonstance, pour vivre de la miséricorde de Dieu. Et rappelons-nous que Jésus, dans les Béatitudes, a promis à tout miséricordieux d’obtenir sa miséricorde. Prions pour que Marie nous aide à imiter son divin Fils qui est mort pour nous pardonner notre péché et qui est ressuscité pour nous faire vivre, un jour, avec Lui dans la joie éternelle de son amour miséricordieux.

Signature : Père François ZANNINI

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