Nous fêtons aujourd’hui st Maurille, évêque d’Angers du Vès, vénéré par les Catholiques comme par les Orthodoxes. Il est connu principalement grâce à l’évêque saint Mainbeuf d’Angers, son successeur, qui en rédigea la biographie. Grand thaumaturge, il fit de nombreux miracles, et Jean croiset, dans sa biographie (Vie des saints), rapporte que l’on dit de lui que « jamais homme ne fut plus mortifié et ne rendit la vertu plus aimable », par sa bonté et sa joie légendaires .L’article met en lumière le rôle qu’il joua dans l’établissement de la fête de la Nativité de la Vierge Marie, car il fut gratifié d’une apparition mariale en 430.

Un disciple de saint Martin de Tours
Né dans une famille très catholique du Milanais, Maurille eut la chance d’être formé par st Martin de Tours. St Ambroise, ayant entendu parler des éminentes qualités de Maurille, qui était entré dans un monastère, l’appela à devenir lecteur dans son église. Il y fut admiré de tous, déployant de grandes qualités de sagesse, de vertu et d’humilité. A la mort de son père, Maurille décida d’entrer de nouveau dans un monastère fondé par saint Martin, à Chalonnes, près d’Angers. Sa réputation de sainteté fut telle que st Martin décida de l’ordonner prêtre, afin qu’il puisse faire progresser la foi en Anjou. Son action fut immédiate et produisit de grands fruits. A sa prière, par exemple, le feu descendit du ciel et réduisit en cendres un temple où étaient adorées des idoles, dont il avait chassé les démons ; de grandes conversions eurent lieu. Il libéra par la puissance de sa prière des Chrétiens qui étaient amenés en esclavage, guérit une femme possédée et sa réputation fut telle qu’il fut appelé à devenir évêque d’Angers, en 423. Martin, qui lui imposa les mains, atteste qu’une colombe vint se poser sur la tête du nouvel évêque et y resta jusqu’à la fin de la cérémonie.

Un évêque profondément marial, à l’origine de la fête de la Nativité de la Vierge Marie
Saint Maurille, qui avait une véritable dévotion mariale, fut gratifié par la Vierge Marie d’une apparition. Celle-ci lui apparut en 430. Alors qu’il était allé rendre visite aux moines du monastère de saint-Florent du Mont-Glonne, près d’Angers, la Vierge Marie, tenant l’Enfant Jésus dans les bras, lui apparut au lieu-dit ‘La Croix Pichon’, pour lui demander d’instaurer en son diocèse une fête solennelle en l’honneur de Sa Nativité, le 8 septembre. Dès lors, cette fête fut appelée «’l’Angevine’, et une chapelle fut bientôt élevée, qui devint un lieu de pèlerinage important et fut remplacée beaucoup plus tard par une basilique, consacrée sous le nom de Notre-Dame du Marillais. On dit qu’une apparition similaire eut également lieu la même année au Puy-en-Velay à une femme, qui fut guérie. Or, l’année suivante, le premier Concile d’Ephèse proclamait la Vierge Marie Mère de Dieu, ‘Theotokos’.
Saint-Maurille fit également placer en 437 une statue de la Vierge Marie sur ’l’île Marie’, et on donna ensuite à l’église qui fut construite beaucoup plus tard le nom de Notre-Dame de Behuard .
Il est traditionnellement représenté avec un poisson, une clé ou une bêche, en mémoire d’un épisode relaté dans la vie de saint Mainbeuf, qui lui a valu d’être le protecteur des jardiniers et des pécheurs, mais la sculpture de Charles Maillard, haut-relief de l’église du sacré-Cœur de Cholet, le représente portant sur le bras droit la Vierge Marie tenant l’Enfant Jésus dans ses bras, en souvenir du miracle de 430.

Au Vès, cette fête de la Nativité de la Vierge Marie s’étendit à Constantinople, la date du 8 septembre étant désormais considérée comme jour anniversaire de Sa naissance. C’est à la fin du VIIès que cette fête fut inscrite au calendrier de Rome. C’est le fameux évêque de Chartres st Fulbert ( XIès) qui introduisit, avec l’aide du roi Robert le Pieux, la fête de la Nativité de la Vierge Marie dans le nord du Royaume de France.

Isabelle Rolland

Source iconographique : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Saint_Maurille_%C3%A9glise_Sacr%C3%A9-C%C5%93ur_de_Cholet.jpg

Pour en savoir plus :
Sur st Maurille et Notre-Dame du Marillais
Jean Croiset. vie des saints

sur la fête de la Nativité de la Vierge Marie :

La fête de la Nativité de la Vierge Marie, ou la joie de la « seconde création ».

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