En ce jour où nous fêtons sainte Véronique Giulani, Abbesse, Clarisse capucine et Mystique (1660-1727) nous avons souhaité vous la faire découvrir et plus particulièrement sa proximité avec la Sainte Vierge et le Christ, tout au long de sa vie.

Une enfance et une vie toute extraordinaire
Sainte Véronique, (au baptême : Ursule) naît le 27 décembre 1660 à Mercatello, dans la région Marches en Italie centrale, de Francesco Giuliani et Benedetta Mancini. Elle est la dernière de sept sœurs, dont trois autres embrasseront la vie monastique.
Sainte Véronique Giuliani eut une enfance toute extraordinaire: le mercredi, le vendredi et le samedi, jours consacrés à honorer la Passion de Jésus-Christ et la Sainte Vierge, elle n’acceptait le lait de sa mère ou toute autre nourriture que deux fois et en petite quantité, prélude des grands jeûnes de sa vie. Six mois après sa naissance, elle s’échappa des bras de sa mère et alla d’un pas ferme, toute seule, vénérer une icône de la Sainte Trinité devant laquelle elle resta un moment en extase. À partir de ce moment, elle marcha sans le secours de personne. Un an après, accompagnant sa gouvernante dans un magasin, elle dit d’une voix claire au marchand, qui trompait sur le poids : « Soyez juste, car Dieu vous voit. ».

À trois ans, elle avait des communications familières avec Jésus et Marie ayant dans sa chambre un tableau de la Vierge à l’Enfant. Souvent cette image s’animait, et, se détachant du cadre, l’Enfant Jésus descendait dans ses bras. Un matin qu’elle cueillait des fleurs pour orner l’image de Jésus et de Marie, Jésus lui dit : « Je suis la Fleur des champs. ». Il venait jouer, courir avec sa petite protégée qui partageait volontiers son goûter avec lui. Elle se fâchait, se mettait en colère et exigeait de Lui, comme si c’était son frère, qu’Il vienne avec elle, et en cas de refus si l’image ne s’animait pas elle se retournait vers la Sainte Vierge et lui demandait avec insistance et empressement qu’elle lui donnât son enfant. Dès lors, elle s’offrit à lui entièrement et lui donnait tout ce qu’elle possédait en les mettant devant son image. Charitable envers les pauvres dès son bas-âge, elle cherchait continuellement ce qu’elle pourrait bien donner. Un jour elle donna une paire de souliers neufs à un pauvre, et, quelques temps après, elle les vit aux pieds de la Sainte Vierge, tout éclatants de pierreries. Très vite elle comprendra l’intérêt de la souffrance pour le Christ et s’infligera des petits supplices en son honneur. Elle construira de petits autels dans la maison et demandera à ses sœurs d’en faire autant, allant jusqu’à les interrompre dans leur pieuses lectures.

A l’âge de sept ans, elle perd sa mère, et son père part s’installer à Piacenza comme surintendant des douanes du duché de Parme. Leur style de vie s’en ressentit, les moyens de leur père s’étant considérablement améliorés du fait de sa nouvelle fonction. Ses deux sœurs aînées rentrèrent au couvent et Ursule bénéficia de toutes les faveurs de son père qui fit des-lors de grands projets pour elle, et qui répondait à toutes ses envies. Elle pouvait ainsi tout lui demander et faire de bien plus beaux autels à la gloire de son Jésus. Ursule sentit grandir en elle le désir de consacrer sa vie au Christ et de faire comme ses sœurs, on lui répondit qu’elle était trop jeune, toujours trop jeune aussi pour recevoir Jésus en son cœur à la communion. Elle obtiendra de son confesseur de porter un silice qui la blessera cruellement et de se flageller. Elle fit, à douze ans, vœu de se consacrer à Dieu. Bientôt, recherchée par de brillants partis, invités et courtisés par son père, qui espéraient ainsi l’éloigner de sa vocation, elle leur répondit simplement : « C’est inutile, je serai religieuse. » L’appel se fait de plus en plus pressant, si bien qu’à 17 ans, enfin elle réussit à obtenir de son père et de son confesseur et de l’évêque la permission d’ entrer au couvent. Elle entra dans la stricte clôture du monastère des Clarisses capucines de Città di Castello, où elle demeura toute sa vie. Elle ne connut point les essais de cette nouvelle vie, son noviciat et se trouva dès le premier jour religieuse parfaite avec le Christ, son époux à ses côtés. Elle y reçut le nom de Véronique, qui signifie « image véritable » et, en effet, elle devint l’image véritable du Christ crucifié. Un an plus tard elle prononça sa profession religieuse solennelle: pour elle commença le chemin de configuration au Christ à travers beaucoup de pénitences, de grandes souffrances et plusieurs expériences mystiques liées à la Passion de Jésus : le couronnement d’épines, le mariage mystique, la blessure au cœur et les stigmates. Durant toutes ses années, le Christ, la Sainte Vierge, des anges et des saints lui rendront régulièrement visite et l’entoureront de leurs prodigalités, mais aussi le diable, qui s’en prendra régulièrement à elle, tant physiquement que spirituellement, surtout lorsque par ses prières et souffrance elle réussira à lui ravir des âmes pécheresses.

Sa grâce spéciale fut de porter en elle la ressemblance de Jésus crucifié, dont elle méditait sans cesse la Passion. Elle eut son couronnement d’épines, qui laissa des traces douloureuses et inguérissables sur sa tête ; elle sentit, un jour de Vendredi saint, la douleur du crucifiement, et le Sauveur, lui apparaissant, laissa sur ses pieds, ses mains et sa poitrine, des stigmates tout saignants. Les grâces extraordinaires que reçut Véronique furent achetées au prix de grandes épreuves.

En 1716, à 56 ans, elle devient abbesse du monastère et sera reconfirmée dans ce rôle jusqu’à sa mort, en 1727, après une terrible agonie de 33 jours, qui culmine dans une joie profonde, si bien que ses dernières paroles furent: « J’ai trouvé l’Amour, l’Amour s’est laissé voir! C’est la cause de ma souffrance. Dites-le à toutes, dites-le à toutes! » (Summarium Beatificationis, 115-120). Le 9 juillet, elle quitte sa demeure terrestre pour la rencontre avec Dieu. Elle a 67 ans.

Sainte Véronique Giuliani fut béatifiée en 1804, par le pape Pie VII, et canonisée le 26 mai 1839, par le pape Grégoire XVI.

Que Marie qui défait les nœuds nous aide à l’exemple de Sainte Véronique à savoir offrir les ‘nœuds’ et les souffrances de notre vie pour Jésus Christ et la conversion des âmes.

L. du Jonchay

Sources :
• Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Abbé L. Jaud, Tours, Mame, 1950.
• vatican.va (« Rév. x gpm »)
• Sainte Véronique Giuliani,abbesse des capucines, 1660-1727 / Ctesse M. deVillermont, Librairie générale Catholique,1910. [disponible en ligne à l’adresse suivante: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k66606c.texteImage]

Pour aller plus loin :
• Film : « le réveil d’un géant » film en italien sous-titré français, arabe et anglais.
• Quelques prières de Sainte Véronique Giuliani [ en ligne à l’adresse suivante:http://site-catholique.fr/index.php?post/Priere-de-Sainte-Véronique-Giuliani-au-Christ]
• « Sainte Véronique Giuliani » d’après la Catéchèse de Benoît XVI lors de son audience générale du mercredi 15 décembre 2010

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