Marie, tout enfant, fut consacrée à Dieu et passa une partie de son enfance à prier Dieu au temple, à l’aimer, à l’adorer, toute dévouée à lui plaire et à faire sa volonté. Le Père préparait Marie à sa grande mission terrestre et céleste qu’elle ignorait jusqu’à l’Annonciation par l’Ange Gabriel.
Dieu le Père nous a donné deux Modèles qui sont de parfaits adorateurs de Dieu. Ce sont Jésus et Marie, sa Mère, qui apprit par lui l’essence, la force, la richesse intime de la prière contemplative dans l’adoration.

Le sens de l’adoration
Si Dieu a créé les anges et les hommes, ce fut pour partager avec eux son bonheur, sa gloire et avoir des êtres qui croient en lui, l’adorent, l’aiment et le servent dans sa Majesté divine. Dieu, étant l’Amour, a créé le monde pour les hommes et les hommes pour Lui. Il a tout disposé pour sa gloire et nous donne la liberté d’acquiescer ou non à sa volonté.
Dieu agit sur l’intelligence humaine pour lui faire comprendre qui il est, et quand l’intelligence a compris qui lui parle, il met alors en branle la volonté humaine pour dire Oui à Dieu, un vrai Oui qui accepte toute la volonté divine ; un Oui reposant sur la stabilité, la reconnaissance souveraine du bien, sur un état d’âme fixé en Dieu et cherchant avant tout sa gloire. Cela s’appelle l’adoration.
L’adoration est la vertu la plus haute de l’amour qui a son fondement à la fois dans la grandeur divine et l’humilité de l’homme. C’est la condition la plus noble sur terre qui nous hausse vers Dieu comme elle est la marque de confiance la plus absolue. C’est la préférence toujours donnée aux désirs divins, mettant l’homme dans un état de dépendance, de soumission réglant sa volonté sur celle de Dieu. Si le péché a conduit à la mort, l’adoration mène à la vie parce qu’elle attache totalement l’homme à Dieu. Elle est d’abord humilité et dépendance et reconnaissance de la créature envers son Créateur.

L’homme adorateur de lui-même
Dieu mérite l’adoration de sa créature parce qu’il est Dieu et que Dieu seul est adorable par essence parce qu’il est parfait, Créateur et Maître de toute chose. Mais le péché de l’homme est comme celui de Lucifer qui refusa d’adorer Dieu et de le servir. Prenant conscience de son intelligence, il voulut s’égaler à Dieu. D’où le rejet des démons sur la terre par la victoire des bons anges sur les démons avec le cri de Saint Michel : « Qui est comme Dieu ? »
L’homme se croit supérieur à tout. Son intelligence lui fut donnée pour bien comprendre et régir le monde qu’il se devait de maîtriser. Mais il maîtrise si peu la vérité des choses. Son esprit de décision le pousse à s’enorgueillir de cette supériorité. S’il est habile, il en maîtrise les autres. S’il réussit dans son travail, il en fait sa gloire et se détourne de Dieu à cause du travail qui l’accapare et qu’il accomplit plus pour s’enrichir que pour servir son prochain.
S’il se livre aux passions dont il est l’esclave, c’est la déchéance absolue. Les plaisirs surajoutés l’enfoncent dans le vice et un jour, il se retrouve seul dans une mort imprévue au départ, mais à laquelle il aboutit inexorablement parce qu’il a voulu vivre et se conduire sans Dieu : son Créateur, son Sauveur et son Sanctificateur.
Dans l’histoire, c’est par une femme que la mort est venue. Par Eve, le trépas et par Marie, le salut. C’est par Marie qui adora sans cesse son Dieu que le Oui d’amour fut prononcé et que la Vie éternelle nous fut redonnée par la mort de Jésus en croix, rachetant notre faute, et nous ouvrant le Ciel par sa résurrection et son ascension.

Marie : un modèle d’adoratrice de Dieu en son Fils Jésus
Marie était apparemment une femme comme les autres ; une Nazaréenne qui ne fait pas de miracle, mais qui les provoque ; une femme qui n’attire pas l’attention sur elle, mais qui n’est que la discrétion de son Dieu. En portant en elle le Messie, elle l’adore déjà et l’écoute. Sans voir ses traits humains, elle est attirée par la divinité. Maintenant elle porte en elle le Sauveur, mais c’est Dieu qui la porte vers la Sagesse et l’Amour qu’Il est.
Elle a tout soumis à Jésus : ses facultés naturelles de penser et d’aimer auxquelles se mêlent les dons du Saint Esprit et sa pudeur virginale.
Elle s’abîme dans l’adoration de son Fils qui est Dieu. Elle vit pleinement ce Mystère de l’Incarnation ; ce Dieu infini qui se fait finitude par amour, dans la nature humaine. Elle observe toute la loi qu’il est ; elle oriente toutes ses pensées vers la foi et l’amour qu’elle a pour lui parce qu’elle est l’Immaculée. Elle aime son prochain dans le Christ parce qu’elle est entièrement docile à l’esprit de Dieu. Elle refuse d’être louée, remarquée, montrée. Elle veut seulement se mettre à l’école de son Fils qui ne parle que de son Père, qui n’enseigne que l’adoration qui est la forme la plus élevée de l’humilité et de l’amour.
Durant sa vie publique, Jésus enseigna à sa Mère en quoi consistait la vraie adoration : adorer Dieu en esprit et en vérité c’est-à-dire avec un cœur qui recherche la sagesse divine et qui veut aimer sincèrement dans la vérité de Dieu et dans sa miséricorde sans juger le pécheur, mais le regardant avec des yeux divins qui croient que l’homme est toujours perfectible.
C’est ainsi que Marie adora le Seigneur et l’aima toujours davantage pour grandir et plaire constamment à son Fils.
Comme Jésus apprit à sa Mère à adorer Dieu dans l’humilité et la charité parfaite avec un désir de dépendance totale, Marie continue à le faire dans le Ciel avec toute la Cour céleste en criant : « Saint ! Saint ! Saint est le Seigneur tout puissant ! » L’adoration céleste exprime l’acclamation, la louange du peuple élu et sa soumission éternelle.

Que faire pour bien adorer Dieu avec Marie ?
Il faudrait chasser le terrestre en nous, le sensuel asservissant, tout ce qui enchaîne notre raison et notre volonté libre, mais alors que resterait-il ? Il resterait une âme purifiée, un cœur rempli de surnaturel poussé par la grâce à contempler Dieu, à l’adorer, à l’aimer dans la beauté et la grandeur de sa divinité. Cette adoration viderait notre cœur de l’humain pour le remplir de divin et lui procurer une joie toute divine, faite de paix, de confiance, d’amour et d’espérance.
Il faudrait aussi se mettre à l’école de Marie et comprendre avec quelle humilité et quel amour, elle a adoré Jésus durant toute sa vie et dans tous les événements de leur vie commune. La Vierge Marie adora Jésus à Bethléem, puis elle l’offrit au Temple et s’offrit avec lui au Père durant toute sa vie : elle l’adora durant son enfance, sa vie de charpentier avec Joseph, sa vie publique vivant avec lui dans une confiance absolue jusqu’à dire aux serviteurs des noces de Cana : « Faites tout ce qu’il vous dira. » Elle s’offrit avec lui le Vendredi saint après avoir gravi avec lui le Golgotha. Elle l’adora dans la joie de sa Résurrection et de son Ascension pour nous révéler qu’adorer Jésus, c’est traverser avec lui les heures sombres et lumineuses de la Vie sans jamais douter qu’Il est toujours avec nous et veille sur nous pour nous élever chaque jour un peu plus vers Lui.

Les grâces de l’adoration dans une vie chrétienne
L’adoration eucharistique m’enseigne à travers la Saint Messe ce qu’est l’offrande de Jésus à son Père pour l’expiation de mes péchés et ma sanctification quotidienne. Jésus s’offre aussi à chaque messe pour me faire la grâce de m’offrir avec lui à son Père afin de recevoir de Lui, le don ineffable de mieux aimer Dieu et mes frères.
Jésus est mort pour que je vive à jamais. Moi aussi, je dois à mourir pour que ma famille vive à jamais, que mes amis croient en Dieu et en vivent, que ce monde révolté devienne purifié par l’amour de la sagesse et dans la sagesse de l’amour.
Marie, à chaque messe, est unie au prêtre, et elle adore son Fils présent sur l’autel et le supplie de nous donner les grâces pour ouvrir nos esprits et nos cœurs à sa vérité et à son amour.
L’adoration nous rappelle que, par le baptême, nous sommes des chrétiens : prophètes, prêtres et rois. Ce qui signifie qu’en adorant Jésus comme prophète, j’apprendrai à témoigner de ma foi et à instruire mes frères de la vérité évangélique libératrice de tout l’homme ; comme chrétien, je suis aussi prêtre pour me sacrifier et donner ma vie pour mes frères en prenant sur mon temps pour les aider à grandir dans la charité et à la vivre aussi dans un amour oblatif et non captatif ; comme chrétien, je suis aussi roi pour apprendre avec Dieu à régner sur moi-même pour mieux gouverner mes frères par mes dons sur le chemin du salut : régner sur mes frères non pour les dominer mais pour les servir dans la croissance de la vérité dans la charité.
L’adoration doit aussi nous aider à mieux nous connaître, nous aimer dans l’ordre de la grâce et à œuvrer sans cesse dans la fidélité aux commandements de Dieu, signe de notre amour envers lui et de notre volonté d’agir avec Marie pour que Jésus règne en moi et au cœur du monde.

L’adoration : source d’équilibre physique, affectif et spirituel
Dans ce monde si stressé qui n’a jamais le temps de se poser pour réfléchir et prendre le temps de méditer la parole de Dieu afin d’y trouver la sagesse de vivre autrement, l’adoration peut être d’un grand secours à la vie de chacun.
Adorer Dieu dans le silence d’une église ou devant un paysage splendide nous rappelant la grandeur et la sagesse du Créateur peut relaxer notre organisme et trouver dans cette quiétude contemplative, un moyen de calmer notre angoisse, notre peur, nos doutes et de trouver dans ce cœur à cœur avec Dieu une régénérescence physique et un bien être corporel que bien des techniques de gymnastique ne pourront nous offrir.
Adorer Dieu produit aussi de grands effets sur le moral et le cœur humain souvent si désabusé par la vie relationnelle et conjugale. Se mettre devant Dieu pour lui confier nos peines, nos espérances, nos souffrances, nos impasses, c’est retrouver en Dieu un confident qui nous écoute et qui répond à nos attentes au- delà de toute espérance. Dieu est le meilleur thérapeute du cœur blessé et désemparé, il faut lui ouvrir son cœur et écouter sa réponse qui viendra à travers une lecture biblique, le mot d’un ami, une circonstance de la vie. Dieu répond toujours à sa manière, à nous d’être humblement réceptif.
Adorer Dieu grandit ma vie spirituelle et me porte à prier davantage, à méditer sa parole avec humilité, à écouter son message d’amour dans les circonstances fortuites de la vie, à me confesser et communier plus souvent pour grandir dans la joie du pardon et de l’amour oblatif si difficile parfois. Adorer Jésus, c’est le regarder me transpercer de son regard d’amour qui m’invite à me laisser aimer comme je ne sais pas le faire, afin de grandir par lui et avec lui sur le chemin de l’abandon à sa volonté et de la sainteté.

Pour conclure, demandons à Marie qui défait les nœuds de nous apprendre à adorer Jésus comme elle l’a fait durant toute sa vie et de nous aider à travers l’adoration eucharistique à prendre conscience que contempler le Christ, c’est se remplir de sa présence pour mieux offrir notre vie aux autres dans lesquels il mendie notre amour et la proclamation de sa vérité libératrice. Et que la Vierge Marie, par l’adoration et la contemplation de son divin Fils, nous révèle que donner sa vie à l’homme, c’est lui offrir le Christ que l’on possède afin qu’il le partage un jour avec nous dans un bonheur éternel. Amen

Père François ZANNINI

source iconographique: https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Francesco_botticini,_adorazione_dle_bambino_con_san_giovannino_e_due_angeli,_1480_ca..JPG

Un commentaire sur “Les Vertus de Marie (suite): Marie nous apprend à adorer Jésus”

  • Merci pour cet article si riche et plein de piste de Vie, j’y retrouve la démarche que j’ai commencé pendant le confinement de la Vie dans la Divine Volonté. Tout est grâce merci pour cet éclairage , je vais lire et relire ce texte. Amen 🙏

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