L’Eglise fêtait autrefois le 23 janvier les fiançailles de Marie et de Joseph. Cette fête est tombée en désuétude et a disparu du calendrier liturgique contemporain.
A cette occasion, nous publions un extrait des visions de sœur Anne-Catherine Emmerich, qui donnent beaucoup de présence à cet événement de la vie de la Vierge Marie et de Joseph.
Cette fête nous donnera également l’occasion de prier ces saints époux pour tous les couples.

La vision de sœur Emmerich
« La sainte Vierge vivait dans le temple avec plusieurs autres vierges sous la surveillance de pieuses matrones. Ces vierges s’occupaient de broderies et d’ouvrages du même genre pour les tentures du temple et les vêtements sacerdotaux ; elles étaient aussi chargées de nettoyer ces vêtements et d’autres objets servant au culte divin. Elles avaient de petites cellules d’où elles avaient vue sur l’intérieur du temple et où elles priaient et méditaient Quand elles étaient arrivées à l’âge nubile, on les mariait. Leurs parents les avaient entièrement données à Dieu en les conduisant au temple, et il y avait chez les plus pieux d’entre les Israélites un pressentiment secret qu’un de ces mariages produirait un jour l’avènement du Messie.
La sainte Vierge ayant quatorze ans et devant bientôt sortir du temple pour se marier, avec sept autres jeunes filles, je vis sainte Anne venir la visiter. Joachim ne vivait plus. Quand on annonça à Marie qu’elle devait quitter le temple et se marier, je la vis, profondément émue, déclarer au prêtre qu’elle ne désirait pas quitter le temple, qu’elle s’était consacrée à Dieu seul et n’avait pas de goût pour le mariage ; mais on lui répondit qu’elle devait prendre un époux.
Quoiqu’en général la littérature juive postérieure ne parle pas de femmes ou de jeunes filles employées au service du temple, nous trouvons pourtant, soit dans l’autorité de l’Église qui célèbre la fête de la Présentation de Marie (le 21 novembre), soit dans la Bible et dans d’anciens documents, des motifs suffisants pour nous donner l’assurance qu’il y en avait réellement. (…)
Je la vis ensuite dans son oratoire prier Dieu avec ferveur. Je me souviens aussi qu’étant très altérée, elle descendit avec sa petite cruche pour puiser de l’eau à une fontaine ou à un réservoir, et que là, sans apparition visible, elle entendit une voix qui la consola et la fortifia, tout en lui faisant connaître qu’elle devait consentir à se marier. Ce ne fut pas là l’Annonciation, car je la vis plus tard à Nazareth. (…)

Je vis aussi un prêtre très vieux, qui ne pouvait plus marcher ; ce devait être le grand prêtre. Il fut porté par d’autres prêtres dans le Saint des Saints, et pendant qu’il allumait un sacrifice d’encens, il lisait des prières sur un rouleau de parchemin placé sur une espèce de pupitre. Je le vis ravi en esprit. Il eut une apparition, et son doigt fut placé sur le passage suivant du prophète Isaïe, qui se trouvait écrit sur le rouleau :  » une branche sortira de la racine de Jessé, et une fleur naîtra de sa racine « . (Isaïe, IX, l.)(…)
Je vis ensuite qu’on envoyait des messagers de tous les cotés dans le pays, et qu’on convoquait au temple tous les hommes de la race de David qui n’étaient pas mariés. Lorsque plusieurs d’entre eux se furent rassemblés dans le temple, en habits de fête, on leur présenta la sainte Vierge (…).[La Sainte Vierge] revint dans sa cellule et versa de saintes larmes, ne pouvant pas s’imaginer qu’elle ne dût pas rester vierge.
Je vis alors le grand prêtre, obéissant à une impulsion intérieure qu’il avait reçue, présenter des branches à chacun des assistants, et leur enjoindre de marquer chacun une branche de leur nom et de la tenir à la main pendant la prière et le sacrifice. Quand ils eurent fait ce qui leur avait été dit, on leur reprit les branches, qui furent mises sur un autel devant le Saint des Saints, et il leur fut annoncé que celui d’entre eux dont la branche fleurirait était l’homme désigné par le Seigneur pour devenir l’époux de Marie de Nazareth.
Pendant que les branches étaient devant le Saint des Saints, on continua le sacrifice et la prière. (…) On rendit les branches en leur annonçant qu’aucun d’entre eux n’était désigné par Dieu comme devant être le fiancé de cette vierge. Ces hommes furent alors renvoyés chez eux.
Je vis ensuite les prêtres du temple chercher de nouveau dans les registres des familles s’il n’existait pas quelque descendant de David qu’on eût oublié. Comme ils y trouvèrent l’indication de six frères de Bethléem, dont l’un était inconnu et absent depuis longtemps, ils s’enquirent du séjour de Joseph et le découvrirent à peu de distance de Samarie, dans un lieu situé près d’une petite rivière, où il habitait au bord de l’eau, travaillant pour un maître charpentier.
Sur l’ordre du grand prêtre, Joseph vint à Jérusalem et se présenta au temple. On lui fit, à lui aussi, tenir une branche à la main pendant qu’on priait et qu’on offrait un sacrifice ; comme il se disposait à la poser sur l’autel devant le Saint des Saints, il en sortit une fleur blanche semblable à un Lis, et je vis une apparition lumineuse descendre sur lui : c’était comme s’il eût reçu le Saint Esprit. On connut donc que Joseph était l’homme désigné par Dieu pour être le fiancé de la sainte Vierge, et les prêtres le présentèrent à Marie en présence de sa mère. Marie, résignée à la volonté de Dieu, l’accepta humblement pour son fiancé, car elle savait que tout est possible Dieu, qui avait reçu son vœu de n’appartenir qu’à lui.

Les noces de Marie et de Joseph, qui durèrent sept à huit jours, furent célébrées à Jérusalem dans une maison près de la montagne de Sion, qu’on louait souvent pour de semblables occasions. Outre les maîtresses et les compagnes de Marie à l’école du temple, il y avait beaucoup de parents d’Anne et de Joachim, entre autres une famille de Gophna avec deux filles. Les noces furent solennelles et somptueuses. Beaucoup d’agneaux furent immolés et offerts en sacrifice.

J’ai très bien vu Marie dans son vêtement de fiancée. Elle avait une robe très ample, ouverte par devant, avec de larges manches. Cette robe était fond bleu, semée de grandes roses rouges, blanches et jaunes, entremêlées de feuilles vertes, comme les riches chasubles des anciens temps. Le bord inférieur était garni de franges et de houppes. Par-dessus sa robe, elle portait un manteau bleu de ciel qui avait la forme d’un grand drap. Outre ce manteau, les femmes juives portaient encore dans certaines occasions une espèce de manteau de deuil à manches. Le manteau de Marie retombait sur les épaules, revenait en avant des deux côtés et se terminait en queue.
Elle portait à la main gauche une petite couronne de roses de soie rouge et blanche ; elle tenait à la main droite, en guise de sceptre un beau chandelier doré, sans pied, surmonté d’un petit plateau, où brûlait quelque chose qui produisait une flamme blanchâtre.
Les vierges du temple arrangèrent la chevelure de Marie : plusieurs d’entre elles s’y employèrent, et cela se fit plus vite qu’on ne pourrait le croire. Anne avait apporté l’habit de noce, et Marie, dans son humilité, ne voulait pas consentir à s’en revêtir après les fiançailles ; ses cheveux furent rattachés autour de sa tête, on lui mit un voile blanc qui pendait jusqu’au dessous des épaules, et une couronne fut placée sur ce voile.
La sainte Vierge avait une chevelure abondante d’un blond doré, des sourcils noirs et élevés, de grands yeux habituellement baissés avec de longs cils noirs, un nez d’une belle forme un peu allongé, une bouche noble et gracieuse, un menton effilé ; sa taille était de moyenne grandeur : elle marchait revêtue de son riche costume avec beaucoup de grâce, de décence et de gravité. Elle mit ensuite pour ses noces un autre habit moins magnifique, dont je possède un petit morceau parmi mes reliques. (…)
Joseph avait une longue robe fort ample de couleur bleue ; les manches, qui étaient fort larges, étaient attachées sur le coté par des cordons. Autour du cou, il avait comme un collet brun, ou plutôt une large étole, et sur sa poitrine pendaient deux bandes blanches. J’ai vu toutes les circonstances des fiançailles de Joseph et de Marie, le repas de noces et les autres solennités ».

Prions les saints époux que furent Joseph et Marie pour tous les couples. Confions également les couples en difficulté à Marie qui défait les nœuds , elle qui a sauvé et sauve chaque jour du divorce de nombreux couples, et dont la dévotion est née de la réconciliation miraculeuse du couple Langenmantel, au XVIIès.

Source iconographique : https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Mariage_de_la_Vierge_(Rapha%C3%ABl)#/media/Fichier:P%C3%A9rugin-sposalizio.jpg

Pour en savoir plus :
Sur la vie de la Vierge Marie d’après les visions d’Anne-Catherine Emmerich

Sur la belle histoire de Marie qui défait les nœuds, protectrice des couples en difficulté :

Le miracle à l’origine de la dévotion à Marie qui défait les nœuds.

Le père Jakob Rem (1545-1618), un Jésuite à l’origine de la dévotion à Marie qui défait les nœuds.

Johann Georg Melchior Schmidtner( 1625 – 1705 ) et la destinée d’une œuvre d’art

Jérôme Ambroise Langenmantel, un acteur essentiel dans la dévotion à Marie qui défait les nœuds..


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