A Fatima, Jacinta Marto, l’une des trois voyants, a dit à sa sœur Lucie, avant de mourir : « Dieu veut établir dans le monde la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. Le moment venu de le dire, ne te cache pas ! Dis à tout le monde que Dieu nous accorde Ses grâces par le moyen du Cœur Immaculé de Marie, que c’est à Elle qu’il faut les demander, que le Cœur de Jésus veut qu’on vénère avec Lui le Cœur Immaculé de Marie, que l’on demande la paix au Cœur Immaculé de Marie, car c’est à elle que Dieu l’a confiée. »
A l’occasion de cette grande fête du Cœur Immaculé de Marie, il nous a semblé important de parler de la dévotion du Scapulaire Vert, qui permet de confier à l’intercession du Cœur Immaculé de Marie les âmes des pécheurs. L’article présente la voyante du Scapulaire Vert et la révélation de ce dernier par la Vierge Marie.


La voyante du Scapulaire Vert : sœur Justine Bisqueyburu (1817-1903)

Le 11 novembre 1817, en la fête de Saint Martin apôtre des Gaules, naquit Justine Bisqueyburu, en Pays Basque, à Mauléon. Orpheline très jeune, elle entra à 22 ans chez les Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul à Pau. Elle partit à Paris faire son noviciat à la rue du Bac le 27 novembre 1839, juste 9 ans après les apparitions de la Vierge à Sainte Catherine Labouré. On imagine alors l’atmosphère qui régnait après cette visite céleste en ce lieu. Elle profita de cette ambiance de pureté, de recueillement, qui régnait pour s’imprégner avec toute la ferveur de son âme de l’esprit d’humilité, de simplicité et de charité qui caractérisait si bien Saint Vincent de Paul. Elle se prépara dans l’ombre et le silence à l’abandon total de sa vie au service des pauvres. Elle développa les vertus de piété, d’obéissance, de fidélité à la règle de son ordre, ce qui l’a fit remarquer de ses supérieures qui ne doutèrent point des grâces extraordinaires qu’elle reçut dès cette époque.

Instruite et douée pour l’enseignement elle fera un bref passage en Normandie à Blangy-sur-Bresle, puis ira à l’école de Notre Dame de Versailles où elle pourra se donner sans compter aux petites filles et aux malades de son quartier après les cours. Là une fois de plus on remarquera que ces aptitudes d’infirmière dépasseront encore davantage celles de l’institutrice.

Lorsque la guerre de Crimée éclata, elle répondit favorablement à la demande de soutien aux armées et partit dans les premières à Constantinople en 1855. A son retour en France elle conserva ses fonctions d’infirmière à l’hôpital militaire du Val de Grâce. Dieu conduisit sa servante par la voie étroite des détachements continuels et des souffrances intimes vers les sommets des plus hautes vertus, son cœur étant très sensible aux séparations. Elle fut envoyée successivement en tant que supérieure dans les hôpitaux militaires de Rennes, d’Alger, de Rome, où elle installa l’Ambulance du Quirinal pour les soldats pontificaux, et enfin de l’hôtel de Dieu de Carcassonne en 1868. Elle allait y passer trente-cinq ans et y mourir le 23 septembre 1903 à l’âge de 84 ans après avoir consacré soixante-deux années de sa vie au service des pauvres et des malades.
Jamais Sœur Justine ne parla des grâces dont elle avait été favorisée, des visions de la Sainte Vierge et du scapulaire Vert. Toute la communauté ignorait quel était l’âme qui en avait été gratifié, hormis la Supérieure et leur père spirituel. Seule « une de ses comparses, lors de sa dernière maladie, qui fut longue et pénible, la soupçonnant d’être l’heureuse privilégiée dont on parlait dans la communauté, tenta de la questionner. Sans se douter qu’elle dévoilait son secret de plus de soixante ans, la vénérable octogénaire répondit simplement aux questions qui lui étaient posées, accompagnant sa parole du geste tandis que ses yeux semblaient revivre des souvenirs ineffables…se rendant compte alors qu’elle avait dévoilé le secret intime de sa vie elle ajouta : « Je ne suis qu’une orgueilleuse…ne me parlez plus de cela…laissez-moi tranquille… » » Personne ne put alors en savoir davantage.

Révélation du Scapulaire Vert par la Vierge Marie

C’est à son arrivée à la rue du Bac, lors de sa première retraite, le 28 janvier 1840, où les saints exercices se déroulaient dans une salle située au-dessus de la chapelle, que la première apparition eut lieu. Il y avait là un autel surmonté d’une ancienne statue miraculeuse de la Vierge, chère à la communauté. Sœur Justine était alors en prière quand la Vierge se montra à elle « vêtue d’une longue robe blanche tombant sur ses pieds nus, un manteau bleu azur, sans voile, les cheveux épars sur les épaules. Elle tenait entre ses mains son Cœur, d’où sortaient des flammes abondantes. Sa beauté était céleste. ». La voyante, surprise, manqua de laisser échapper un cri, mais réussit à garder le silence et son extase passa inaperçue. Cette apparition, qui se renouvela plusieurs fois, vers la fin de sa retraite et durant son séminaire, eut pour effet d’accroître sa dévotion personnelle au Cœur Immaculé de Marie.

C’est le 8 septembre 1840, que la Vierge lui apparut à nouveau pendant son oraison à Blangy. « La Sainte Vierge tenait de la main droite son Cœur surmonté de flammes et, de l’autre, une sorte de scapulaire d’étoffe verte, n’ayant qu’un côté, suspendu à un cordon unique, également vert et fermé par le haut. Sur les deux faces de ce médaillon d’étoffe se trouvait l’image de Marie telle qu’elle s’était montrée dans les précédentes apparitions et, sur l’autre, un cœur tout enflammé de rayons plus brillants que le soleil et transparents comme du cristal. Ce cœur, percé d’un glaive, était entouré d’une inscription de forme ovale surmonté d’une croix en or et ainsi conçue : « Cœur Immaculé de Marie, priez pour nous maintenant et à l’heure de notre mort. ». Durant cette apparition une voix intérieure en fit comprendre le sens à la sœur : « elle vit que cette image devait, par l’entremise des Filles de la Charité, contribuer à la conversion des âmes, particulièrement des infidèles, et à leur procurer une bonne mort, qu’il fallait la faire confectionner au plus tôt et la distribuer avec confiance. » Ainsi la Sainte Vierge a-t-elle offert ce trésor spécifiquement pour les pécheurs et plus particulièrement pour ceux qui vont paraitre devant le souverain juge et qui refusent de se réconcilier avec lui.

Preuve ineffable de son Cœur de Mère, débordant, rayonnant d’un amour inconditionnel pour tous ses enfants, empli de miséricorde, le Cœur d’une mère transpercé de douleur, Cœur cristallin, d’où émanent sans cesse les rayons de sa pureté Immaculée, surmonté de la Croix, richesse incommensurable du sacrifice de son Fils pour sauver tous ses enfants. La Vierge nous montre ainsi la force constante, la grandeur et la puissance de son Cœur Immaculé, un trésor accessible, un don gratuit et salvateur pour tous. Ce scapulaire fut approuvé par deux papes : Pie IX et Pie X qui demandèrent à la communauté de le confectionner et de le distribuer.

Ce scapulaire peut être bénit par n’importe quel prêtre, il n’y a aucune formule spéciale de requise n’y d’imposition. Il doit être proche ou porté par la personne que l’on confie au Cœur Immaculé de Marie-même à son insu- et l’on dira -si cette personne ne le peut ou le veut- tous les jours la phrase inscrite sur ce scapulaire et donné par la Vierge :
« Cœur Immaculé de Marie, Priez pour nous, maintenant et à l’heure de notre mort ».

Que Marie qui défait les nœuds délie tous les nœuds liés à l’impiété; qu’Elle nous aide à répandre cette dévotion à son Cœur Immaculé refuge des pécheurs et à faire connaître le trésor qu’est le scapulaire vert qu’Elle nous fait pour la conversion des âmes. Car quel est le Chrétien qui ne rencontre pas au cours de sa vie une ou plusieurs âmes dont le salut paraît en danger ?

L.du Jonchay

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