« Tout est grâce », répétait inlassablement George Bernanos. La Vierge Marie, qui en est pleine, ne se fatigue pas de le rappeler à sa manière aux hommes, chaque fois qu’elle leur apparaît, même s’il faut faire tomber la neige un soir d’été. Tout un poème.

La sainte Vierge se manifeste toujours par la grâce. C’est en tout cas ce qu’elle démontra une fois de plus un 5 août, en l’an de grâce 358, lorsqu’en pleine chaleur estivale, elle déclencha une chute de neige en plein cœur de Rome. Chaque année depuis on célèbre la Vierge de la neige jour en lieu et place où Marie fit tomber ces flocons par milliers.

Car ce lieu, la madone ne l’a pas choisi au hasard. Elle désigna de cette façon spectaculaire, l’emplacement exact où elle souhaita voir ériger une basilique dédiée à sa grâce, justement. Cet édifice est en effet encore aujourd’hui l’une des plus belles églises de Rome : on lui donna d’abord le nom de Sainte-Marie des Neiges, puis de Basilique de Libère, puis de Sainte-Marie de la Crèche, car les reliques de la Crèche y ont été apportées de Bethléem. Elle est aujourd’hui connue sous le nom de Sainte-Marie-Majeure, l’une des quatre basiliques pontificales de Rome, avec Saint-Pierre, Saint-Paul hors les murs, Saint-Jean du Latran. Sainte Marie Majeure tient bien son nom : elle n’est autre que le premier édifice dédié à la Vierge Marie en Occident.

Si l’on y pénètre aujourd’hui, on peut y admirer un bas-relief dans l’incroyable chapelle de la Vierge, où le miracle de l’enneigement est relaté. La tradition rapporte qu’un couple de riches patriciens ne parvenait pas à avoir d’enfants pour hériter de leurs biens. Après s’être résignés, Jean et son épouse décidèrent alors d’offrir tout ce qu’ils possédaient à la Vierge Marie, en signe d’acceptation de la volonté divine. Cela ne les empêcha pas de redoubler de piété, de jeûne, de prières, afin de mieux discerner la volonté de Dieu pour leur existence. Une nuit, leur foi fut écoutée, la Vierge Marie leur apparut en songe et leur demanda la construction d’une église en son honneur, là où ils trouveront de la neige.

A leur réveil, Jean et son épouse constatèrent aussitôt avoir fait précisément le même rêve. Jean se confia alors au pape Libère dont il est proche et s’étonna alors quand ce dernier lui apprit avoir lui aussi été visité par la Vierge, porteuse du même message.

Dans la nuit du 4 au 5 août, le col Esquilin, la plus haute des collines romaines, se trouva par miracle couverte d’une neige persistante. Le pape y traça sur le champ le périmètre de la nouvelle église et Jean pourvut à son financement.

Depuis, pour commémorer le miracle, un événement presqu’aussi gracieux a lieu chaque année. Depuis le balcon monumental de l’édifice, sont lancés des pétales blancs par milliers sur la foule, aussi nombreuse, présente sur le parvis. Les Romains se confient alors à l’icône de Marie « Salut du peuple romain » (Salus Populi Romani), présente dans la basilique. La même à laquelle le pape François rend visite avant et après chacun de ses voyages.

Prions Marie qui défait les nœuds, afin qu’elle nous donne nous la capacité de tout lui donner, afin de voir sa grâce se manifester, pour le salut de notre âme.

Arthur Herlin

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *